ILa nuit de Noël 1780, vers dix heures, un des gardes de la paroisse de la Trinité, à Jersey, aperçut un feu sur la falaise, entre Rozel et la Coupe. Ce feu durait depuis sept ou huit minutes, quand un autre feu s’alluma sur la côte de France. Aussitôt, le feu jersiais s’éteignit. Ceci parut suspect au garde, qui courut à l’endroit où il l’avait vu briller. Il y trouva de la cendre, des tisons qui achevaient de se consumer, et personne. Au moment où il arrivait, le feu de la côte de France s’éteignit. Le garde-côte examina dans tous les sens la grève et la mer ; rien. Il attendit ; rien. Cependant, il resta inquiet de ces deux feux qui se cachaient si vite comme s’il leur suffisait de s’être vus, et il crut devoir prévenir ses chefs immédiatement. Mais c’était Noël, la grande fête de


