IIIl y avait huit jours qu’on n’y pensait plus. Une nuit, il se passa quelque chose d’extraordinaire à la pointe de la Roque. Des masses noires rampaient dans les flaques d’eau et s’accumulaient silencieusement sur le banc du Violet. Parvenues aux rochers, elles s’arrêtaient et attendaient, toujours sans bruit. Dans ce profond silence, une voix éclata tout à coup : – Sacré tonnerre ! les imbéciles ! Où est Pierre Journeaux ? – Ce n’est point ma faute, général, répondit une voix qui avait l’accent jersiais. Je vous ai conduit à la bonne place ; c’est la faute de ceux qui n’ont point suivi. Il est vrai que le courant était roide et que le vent cognait dur. Les canons et les tambours ont dérivé sur les roches, et je ne suis point reprochable s’ils ont chaviré. – Bah ! s’écria le général,


