Je quittai Conrad, distrait, en lui laissant quelques vagues consignes qu’il connaissait tout aussi bien que moi, puisque nous avions déjà eu tout le temps nécessaire pour nous accorder, simuler et répéter le moindre geste ou processus durant les deux mois du trajet. En entrant dans le vaste hall, je fus à peine surpris que le Lutin m’y ait attendu, toujours assis sur son banc de plastique, moins par fidélité à son unique client du jour que par un désœuvrement consenti de bonne grâce. ? — Je suis désolé, je n’ai eu que le temps de rentrer et, quand même, d’emporter avec moi l’holobande, mais pas celui de m’organiser pour recevoir dignement un Terrien nouveau-venu. C’est de votre faute, Lucio, vous auriez pu me laisser un délai plus raisonnable… Je lui décochai un sourire franc, comprenan


