XVC’est sans tambour ni trompette que Suzy pénètre dans la pièce. Sans délicatesse, la clé de voiture prend contact avec la table. Je la connais suffisamment pour interpréter sans erreur son air désabusé. Elle arbore une moue boudeuse qu’elle s’efforce de masquer, mais qui traduit une colère rentrée qui ne demande qu’à s’extérioriser. Sa moitié asiatique peinant à calmer sa moitié bretonne, il convient de ne surtout pas la brusquer, sinon elle sera désagréable pour le reste de l’après-midi. Justin, lui aussi, sait qu’il ne faut pas l’apostropher de but en blanc, mais au contraire, attendre qu’elle consente à s’exprimer. Il se penche sur son téléphone portable et fait semblant d’écrire un SMS, tandis que je simule d’être absorbé par l’examen des fadettes. Le crissement des pieds de la chais


