I Es-tu content ? Ou l’histoire des nez À Dewitz, aux environs de Prague, il y avait une fois un fermier, riche et bizarre, qui avait une jolie fille à marier. Les étudiants de Prague (en ce temps-là il y en avait vingt-cinq mille) allaient souvent du côté de Dewitz, et il en est plus d’un qui eût volontiers conduit la charrue pour devenir le gendre du fermier. Mais comment faire ? La première condition que le rusé paysan imposait à chaque nouveau valet était celle-ci : « Je t’engage pour un an, c’est-à-dire jusqu’à ce que le coucou chante le retour du printemps : si d’ici là tu me dis une seule fois que tu n’es pas content, je te coupe le bout du nez. Du reste, ajoutait-il en riant, je te donne le même droit sur ma personne. » Et il faisait comme il avait dit. Prague était rempli d’étud


