IV L’histoire de Swanda la Cornemuse Stéphane avait un excellent vin de Tokay, transparent et doré comme la topaze ; nous avions déjà trinqué quatre ou cinq fois à la mémoire de Ziska, à l’avenir des Slaves, quand je rappelai à Wentzel la promesse qu’on nous avait faite en son nom. – Voulez-vous, dit-il, une histoire qui vous fasse rire ? – Non, non, dit Cathinka. Une histoire qui nous fasse peur. Il est si amusant d’avoir peur quand on ne craint rien et qu’on a près de soi tous ses amis. – Eh bien, dit Wentzel, écoutez donc l’histoire de Sswanda. SSWANDA LA CORNEMUSE. Sswanda la Cornemuse était un joyeux compagnon. Comme tout vrai musicien, il était né avec une soif inguérissable ; c’était en outre un joueur enragé ; il eût risqué son âme au strajak. Quand à force de souffler il av


