III La première leçon C’est ainsi que Pazza fut chargée d’instruire le jeune prince. Il n’y eut point de nomination officielle ; on n’annonça point dans la Gazette de la cour que le roi, avec sa sagesse ordinaire, avait trouvé du premier coup un génie hors ligne, et lui avait confié le cœur et l’esprit de son enfant ; mais dès le lendemain on envoya Charmant chez la marquise, et on lui permit de jouer avec Pazza. Restés seuls, les deux enfants se regardèrent en silence. Pazza, la plus hardie, parla la première. – Comment t’appelles-tu ? dit-elle à son nouveau compagnon. – Ceux qui ne me connaissent pas m’appellent Altesse, répondit Charmant d’un ton piqué ; ceux qui me connaissent m’appellent simplement Monseigneur, et tout le monde me dit : Vous. L’étiquette le veut ainsi. – Qu’est-


