Chapitre X À l’époque où se passe ce récit, le chemin de fer du Médoc n’était point encore en exploitation, et, pour se rendre en voiture de Bordeaux à Pressac, qui est une grosse bourgade du haut Médoc, il fallait près de trois heures. – J’aurai encore à vous faire lever de bonne heure, dit M. de Cheylus à Sainte-Austreberthe, car l’inauguration est fixée à midi, et j’aime à surprendre mon monde. Quand Sainte-Austreberthe descendit de sa chambre, à huit heures du matin, il trouva le préfet qui faisait placer sur les coussins de la berline une vingtaine de dossiers, enveloppés chacun dans une couverture annotée, et l’on partit aussitôt par les allées de Tourny. – Cher ami, dit le préfet en passant devant la statue équestre de Napoléon III, qui porte, sur piédestal de granit, l’inscript


