Raffaelle regardait Sydney toujours discuter avec le jeune garçon en le conduisant vers les douches. Ben ne semblait plus avoir mal et même avoir oublié la douleur.
Du surf ! Eh bien, elle était étonnante.
La nouvelle se débrouillait plutôt bien. Il n’aurait plus à la surveiller du coin de l’œil. Il se dirigea vers la réception et joignit le Dr John Kenneth, l’orthopédiste qui finissait de préparer la salle d’opération. Ils devaient se dépêcher pour recoller les doigts de l’adolescent. Une situation bien délicate.
Quand il raccrocha quelques instants plus tard, tout était prêt et Ben avait enfilé une blouse et était aidé par Sydney à reprendre place dans son lit où l’anesthésiste n’allait plus tarder à faire son apparition.
Il scruta le dossier du jeune homme qu’il venait de recevoir. Ils l’avaient reçu heureusement très vite et avec les informations donnés par ses parents, ils étaient parés. Il appela alors le spécialiste en chirurgie plastique, le Dr William Hodson.
Il fît un tour au box neuf pour voir comment allait Steve. Lui aussi était passé sous la douche et maintenant une infirmière s’occupait de lui. Il avait été brûlé au premier et second degré. Il allait avoir besoin d’une greffe de peau sans doute au cou mais il laissait cela au soin de William.
Ben fut interné à un autre service un peu plus tard. Il avait envie de voir comment il allait après son opération avant de finir son service. Lorsqu’il arriva près de la chambre du garçon, il fut surpris de retrouver Sydney à cet étage. Elle discutait avec Thelma, l’interne de ce service. Avait-elle l’intention de changer de service ? Les deux jeunes femmes interrompirent leur discussion en l’apercevant. Il les scruta tour à tour. Pendant un court instant leurs regards se croisèrent et restèrent river l’un à l’autre.
− Dr Rivalti, lança Mary Anders avec enthousiaste le sortant de sa contemplation. Qu’est-ce qui vous emmène ici ?
La surveillante du service venait d’arriver et se dirigea vers lui avec un grand sourire, les mains dans les poches de son uniforme. Avec ses yeux verts rieurs et son petit ovale avec sa peau métissée, elle était toujours prête à rendre service. C’était l’une des rares femmes de l’hôpital à l’avoir invité plusieurs fois à sortir mais il avait toujours su refuser avec élégance mais reste à l’écart d’elle.
− Je passais voir Ben avant de rentrer.
− Il va bien. Le Dr Conrad s’est bien occupé de lui et Sydney aussi. C’est une très bonne infirmière. Si vous ne faites pas attention on vous la prendra.
Il haussa les sourcils ce qui la fît sourire.
− Tu es là, Susie, lança Mary en se tournant vers une jeune infirmière qui venait de sortir justement de la chambre de Ben. C’est l’infirmière qui va s’occuper de Ben cette nuit.
Les joues rosir, l’infirmière le salua et il répondit d’un signe de tête.
− Je vais vous laisser. Il ne faudrait mieux pas que Conrad vienne me jeter hors de son service. Veuillez à ce que ses doigts restent en bon état, dit-il en se tournant vers Susie.
− Bien Dr Rivalti, répondit celle-ci en rejoignant Thelma et Sydney.
Déjà, il était sorti. Il lui restait pas mal de paperasses à remplir avant de rentrer chez lui mort de fatigue. Comme chaque fois.
* * *
Sydney regarda Rafe s’éloigner en pestant contre l’insupportable arrogance des médecins. Que ce soit d’un bout à l’autre du monde, ils agissaient tous pareil. Mais, lui encore pire.
Depuis son arrivée, il était tout le temps sur son dos comme si elle ne savait pas ce qu’elle faisait. Elle venait d’un autre pays, situé certes à l’autre bout du monde, mais cela n’empêchait pas qu’à vingt-cinq ans elle soit une infirmière très qualifiée.
Se tournant vers la chambre de Ben, elle poussa un soupir. Le pauvre gamin n’allait plus jamais être le même. Même après cette opération, il y avait l’étape de la rééducation. Elle s’était tellement inquiétée pour lui qu’elle avait décidé de venir lui rendre visite. Elle avait rencontré Thelma Gibbs, qui elle lui apprit, avait passé il y a quelques années des vacances à Sydney. Elles s’étaient mises à échanger et elle lui avait laissé le droit de voir Ben un moment.
Lorsqu’elle retourna aux urgences quelques minutes plus tard, elle croisa Mia arrêtée derrière la réception discutant avec Grace et, qui elle savait, finissait son service très bientôt. Elle poussa un soupir. Elle était de garde toute la nuit, elle. Sa première.
En temps normal, elle aurait dû attendre un peu plus avant de faire sa première garde mais il y avait un manque d’effectif dans le service.
En entrant dans la salle de repos, elle se figea en apercevant le Dr Rivalti qui scrutait, arrêté devant une fenêtre, la rue. Il semblait ne pas l’avoir entendu et encore moins encore l’avoir vu. Elle resta figée quelques instants, se demandant si elle devait rentrer ou rebrousser chemin. Il semblait plonger si profondément dans ses pensées et… vulnérable. Quelque chose d’étrange, de vulnérable émanait de lui, lui donnant envie de le prendre dans ses bras et le réconforter. Mais contre son corps musclé, elle paraitrait bien menue.
Secouant la tête, elle se mordilla la lèvre. À quoi pensait-elle ?
Elle entra sans le déranger et alla se préparer une bonne tasse thé. Elle en avait bien besoin.
* * *
C’est l’odeur du thé qui lui fit tourner la tête vers Sydney.
Raffaelle grogna d’être déranger ainsi. Il ne l’avait même pas entendu entrer et à cette heure, il pensait pouvoir rester seul pendant un moment sans être déranger. Il aurait pu rester dans son bureau mais il était venu prendre se faire du café mais au lieu d’aller le boire dans son bureau, il s’était avancé à la fenêtre et s’était perdu dans ses pensées. Voilà la raison qui l’avait empêché de se rendre compte qu’il n’était plus seul et depuis un moment semble-t-il.
Sydney qui, sa tasse en main, buvait tranquillement dans son coin. Elle lui sourit maladroitement et à nouveau leurs regards se rivèrent l’un à l’autre. Sydney était vraiment une belle jeune femme et ses yeux bleus le fascinèrent. Non, elle le fascinait.
Malgré sa tenue, il devinait parfaitement les courbes de son corps car il l’avait maintes voir vu dans des tenues de villes et le souvenir de sa silhouette parfaite éveilla en lui un trouble puissant le ramenant à sa période d’ado.
Détournant les yeux, il poussa un soupir et sortit de la pièce laissant sa tasse de café froide.