En sortant de la chambre d'Adaline, j'eus l'idée d'aller faire un petit clin d'œil à certains de mes collègues médecins et infirmiers. J'étais tout souriant en marchant. Cette journée avait été excellente pour moi, je dirais même qu'elle avait été très instructive. J'entrepris de commencer par voir Boris, il était cardiologue et était de service ce dimanche là. Mais lorsque que j'étais presque face à son bureau, je vis sortir une jeune femme. Je n'en croyais pas mes yeux. C'était la jeune femme que j'avais croisé il y'a quelques mois dans un couloir. La même jeune femme très bouleversée que j'ai cherché pendant des mois. Qu'est ce que le monde est petit et la vie surprenante ! Si je n'avais pas entrepris d'aller au centre ce jour là, peut être ne l'aurais je jamais retrouvé. C'est donc Adaline qui avait encore raison, le hasard n'existe pas, mais tout ce qui nous arrive est peut être déjà planifié. Et j'en avais la preuve juste devant mes yeux. Je décidai donc à l'instant, sur un coup de tête bien-sûr de suivre la demoiselle. Je n'avais plus que faire de Boris, je savais que je ne manquerais certainement pas d'occasion de le revoir à l'avenir. Mais pour ce qui était de cet instant là, il fallait que je m'introduise auprès de la demoiselle. Et au moment où elle s'apprêtait à prendre l'ascenseur, je pressai le pas pour y entrer avec elle. J'avais réussi mon coup. On était désormais tous les deux dans l'ascenseur. Je fis le premier pas en l'abordant.
- Voilà donc une très belle montre que vous portez là, on dirait un patrimoine ancien.
Elle sourit, je su donc que j'avais réussi mon approche.
- Vous avez l'oeil dois je dire, je la tiens de mon grand père. Il tenait à ce que je la garde après son décès.
- Je dois dire que votre grand père avait l'oeil pour choisir de belles choses.
- En effet.
L'ascenseur s'ouvrit, et en parfait gentleman, je lui permis d'en sortir en premier. Nous continuions donc à marcher ensemble jusqu'à la sortie du centre.
- Oh, j'oublie les bonnes manières, moi c'est Viane et quel prénom dois je mettre à ce jolie visage?
- Enchantée Viane, moi c'est Rose.
Rose, tel était le prénom de la jolie demoiselle. Faut dire que son prénom lui allait à merveille. Elle était aussi délicate qu'une rose. Ses parents ne c'était pas trompés en lui attribuant ce prénom là.
- J'ai l'impression qu'on s'est déjà croisé, pas vous? me dit elle.
- Sûrement très chère, je suis neurologue dans ce centre médical.
- Voilà, d'où l'impression de déjà vu.
J'avais réussi à accrocher avec elle donc je ne voulais aucunement l'embarasser en lui parlant du contexte de notre première rencontre. En plus, ça m'arrangeais qu'elle ne se souvienne pas de ce jour là. Je suis sûr que si elle s'en était rappelé, elle se serait senti gênée et n'aurait même pas eu le courage de me parler. Je voulais vraiment mieux la connaître, donc je lui fis part de mes intentions directement.
- Je ne vais pas passer par quatre chemins avec vous Rose, j'aimerais mieux vous connaître. J'aimerais qu'on soit amis et peut être même plus si ça marche.
- Whaou ! Jamais encore on ne me l'avait faite celle là. Vous êtes tellement direct et sûr de vous que j'ai bien envie de me laisser emporter.
- Pas que je ne suis pas ravi de votre réponse mais qu'entendez vous par on ne vous l'a jamais faite celle là ?
- Eh bien, aucun homme ne m'a jamais abordé de la sorte. La plupart n'était que des idiots qui m'abordaient avec pour but de m'impressionner. Je dois dire que vous êtes le premier qui vient vers moi sans artifice ni intention cachée.
- Vous m'en voyez ravi Rose. Alors puis je vous donner mon contact et vous me donner le votre?
- Volontier.
Elle me tendit son téléphone et je lui donnai le mien. Chacun inscrivit son contact dans l'appareil de l'autre puis le rendit. Cela se fit tout naturellement. On marchèrent donc ensemble jusqu'au parking. On discutait un peu de tout, comme de vielles connaissances le feraient. Arrivés au parking, chacun monta dans sa voiture et la démarra. J'étais si heureux. Je dois dire que j'avais juste envie de remercier Adaline car si je ne lui portais pas tout cet intérêt, je n'aurais sûrement jamais revu Rose.
Déjà à la maison, j'étais juste impatient de l'appeler. C'est vrai que je ne lui avait pas demandé si elle était en couple ou non mais sa réponse de tout à l'heure me laissait penser qu'elle était célibataire. Mais peu importe, même si elle était en couple, j'étais bien déterminé à la faire mienne. Car, je le sentais bien, cette fois ci, j'étais amoureux. Amoureux de la belle Rose. J'étais bien-sûr impatient de l'appeler mais je ne devais pas le faire aussitôt. Je pris donc d'abord une douche afin de laisser couler le temps. Aussitôt sortis de la douche, je pris mon téléphone pour lui passer un coup de fil. Mais l'appareil signalait que sa ligne était occupée. Je me dis que c'était peut être un signe, peut être n'était ce pas le moment approprié pour l'appeler. Je me dis finalement que la balle était dans son camp. C'était désormais à elle de décider si elle devait m'appeler ou non car elle avait sûrement vu que j'ai essayé de la contacter. J'avais une faim de loup car mis à part le petit déjeuner, je n'avais plus rien mis sous la dent. Il fallait que je fasse à manger. Direction la cuisine. Je savais très bien m'occuper de moi car, déjà tout petit, je faisais la cuisine pour mon père et moi. J'étais celui qui s'occupait de la maison quand papa travaillait. J'étais en quelques sortes la femme de la maison. Je savais donc faire toutes les tâches ménagères. En vivant tout seul dans cette ville, j'avais perdu l'habitude de cuisiner car j'étais très débordé par mon travail. Je mangeais parfois au restaurant avant de rentrer ou alors je commandais à manger. Mais pendant mes jours de repos comme ce dimanche là, je me faisais le plaisir de cuisiner un bon plat pour mon plus grand régal. Ce soir là, j'avais une grande envie de poisson à la poêle et de Frites de pommes. C'est ce que je fis. Mais pendant que je cuisinais, mon téléphone sonna et c'était Rose.
- Allô, bonsoir Viane, j'ai vu votre appel mais j'étais en ligne avec une autre personne.
- Ce n'est pas bien grave Rose, je l'avais déjà compris, c'est pourquoi je n'ai pas du tout insisté.
- Alors, que faites vous?
- Eh bien, je cuisine très chère.
- Whaou ! donc en plus d'être médecin vous avez des talents de cuisinier.
- On peut dire ça, lui répondis je en souriant.
- Que cuisinez vous donc?
- Je fais du poisson à la poêle accompagné de frites de pommes.
- Ce n'est pas très sain ça docteur.
- Il faut bien se faire plaisir de temps en temps. J'allais oublier, ça me plairait bien que vous arrêtiez de me vouvoyer Rose, Vous pouvez me tutoyer.
- Bien reçu Viane.
- J'aime mieux ça. Ça rend bien de se tutoyer.
- Je suis très occupée pour le moment Viane, mais j'aimerais vraiment que vous m'invitiez quelque part un de ces jours. J'aimerais vous connaître d'avantage. J'espère que votre invitation ne tardera pas.
- Quelle femme tu fais Rose. Mais j'adore ton caractère.
- Je ne fais que t'imiter. Je dois y aller, on se voit un de ces jours.
- Douce nuit à vous Rose.
- Merci, que la vôtre soit agréable.
Elle raccrocha. Quelle femme! Le jour où je faisais sa rencontre, je ne l'imaginais pas du tout ainsi. Elle est différente de toutes les femmes que j'avais connu jusque là. Elle n'essayais pas de se faire désirer et elle dit les choses comme elles lui viennent. Je sentais que quelque chose de très grand était sur le point de prendre vie. Mais pour vivre l'instant présent, je m'occupais d'abord de prendre soins de mon estomac qui réclamait son dû.