Notre petit séjour à l'hôtel à Rose et à moi se déroula mieux que je ne l'avais imaginé. J'avais l'intention de lui demander sa main mais après m'être ouvert à elle, je suis parvenu à la conclusion selon laquelle je devais attendre encore. J'avais trouvé qu'il serait plus judicieux que je lui demande sa main après qu'elle ait rencontré mes deux parents. J'espérais que le détective retrouve ma mère et ainsi, elle aurait l'occasion de rencontrer Rose en même temps que papa. Quand je parlais à Rose de mon enfance ce soir là dans la suite d'hôtel, j'ai compris que papa se sentirait sûrement mal de savoir que j'avais demandé la main d'une femme sans même qu'il ne la connaisse. Papa était la seule famille que j'avais et il avait dédié toute sa vie à mon éducation. c'était aussi mon meilleur ami. Ça l'aurait certainement blessé de savoir que j'avais pris la décision la plus importante de ma vie sans même lui en parler. C'était la raison pour laquelle j'avais refoulé mon intention. Même Rose n'en savait rien et ça m'arrangeait. Tous mes espoirs étaient donc fondés sur le détective et ce qu'il decouvrirait. Mais quelques jours plûtard, Rose m'invita chez elle. Je n'avais aucune idée de pourquoi elle m'avait invité chez elle. Jamais encore elle n'avait fait un truc pareil depuis qu'on était en couple. Je me dépêchai de quitter le centre ce jour là dans le but d'éviter les bouchons. J'arrivai chez Rose et je toquai.
- Bonsoir mon cœur, fais toi un plaisir d'entrer, m'accueilli Rose devant la porte de chez elle.
Je dois dire qu'elle était éblouissante et Fraîche comme le disait son prénom, elle était une Rose. J'entrai et je pris place dans le salon. Elle se retira quelques minutes. Pendant son absence, je ne pu m'empêcher de voir qu'elle avait préparé un dîner aux chandelles juste pour nous. Elle m'avait vraiment surpris. Je ne connaissais pas ce côté romantique de Rose. Quand elle vint me retrouver dans le salon, elle avait quelque chose en main. C'était son carnet médical. Elle me le donna et prit place à mes côtes.
- Viane, j'ai vraiment apprécié la sincérité dont tu as fait preuve envers moi donc je me dois d'être aussi transparente avec toi. Tiens, voilà mon carnet médical, tu sauras mieux de quoi je souffre. Je sais très bien que tu as dit que ma maladie n'est pas un obstacle à notre relation mais j'aimerais que tu en saches plus.
Pendant que je feuilletais le carnet, je vis que Rose avait changé de mine. Donc j'avais bien l'intention de l'emmener à décompresser.
- Parle moi donc de ta maladie Rose, lui dis je.
Elle prit son temps pour me répondre mais ça ne me dérangeait pas du tout. Je comprenais qu'elle se sente gênée mais j'avais espoir. qu'elle comprenne qu'elle n'avait pas besoin de se sentir mal à l'aise en ma présence. Je l'aimais comme elle était, avec ses qualités et surtout ses défauts et même avec sa maladie.
- Je suis atteinte du syndrome de Brugada, balbutia t- elle.
Après avoir dit cela, Rose s'enferma dans un silence assourdissant. Elle agissait comme si elle était responsable de sa souffrance. Le simple fait de la voir ainsi me mettais en rogne. Pourquoi est ce que de telles choses arrivaient à de bonnes personnes comme Rose. Il est vrai que je n'étais pas cardiologue mais je savais néanmoins de quoi il s'agissait.
- Le syndrome de Brugada est une maladie génétique rare caractérisée par des troubles du rythme cardiaque. Je sais qu'elle est très dangereuse car elle peut causer une mort subite ou même des arrêts cardiaques. Voilà donc pourquoi tu avais de la peine à m'en parler !
Je lui fis un long câlin pour la réconforter.
- Je suis désolée Viane car j'ai accepté de sortir avec toi tout en sachant que j'étais malade et que je pourrais quitter ce monde brusquement et à n'importe quel moment.
- Shut... ne dis pas ça. Je t'aime avec tout ce qui te caractérise. Syndrome de Brugada ou non, je t'aime et je veux t'accompagner dans ton combat.
- Je t'aime tellement Viane.
- Je t'aime encore plus ma chérie.
Je lui rendis son carnet médical. Rose avait fait preuve de beaucoup de courage en me parlant de sa maladie cela me rendait très fier d'elle. Après avoir parlé longuement, Rose me dirigea vers sa salle à manger. Elle avait effectivement préparé un dîner aux chandelles pour nous. Elle avait vraiment mis le paquet. Il y avait des pétales de roses, de jolis couverts et du vin de marque. Elle avait même cuisiné pour l'occasion. Pour le coup, j'étais impressionné. C'était la toute première qu'une femme faisait cela pour moi. Les femmes avaient de petites attentions que les hommes ne pouvaient pas comprendre et je le comprenais enfin. On dîna et tout se passa bien. J'aurais pu passer la nuit avec elle mais je devais travailler le lendemain. Je prenais mon boulot très à cœur. Plus les jours passaient, plus Rose prenait de l'importance dans ma vie. Je rentrai donc chez moi. J'étais un homme heureux. J'avais la plus belle femme du monde et je faisais le boulot de mes rêves. Il ne me manquait plus que mes deux parents ensemble, ainsi, mon bonheur serait parfait. Arrivait chez moi, j'eus envie de passer un coup de fil à mon père. Parler de lui à Rose m'avait rappelé à quel point il comptait pour moi. Au lieu de l'appeler une fois par jour comme je le faisais d'habitude, je l'appelais chaque fois que j'avais du temps. J'étais un homme nouveau et il était hors de question que je néglige les personnes les plus importantes pour moi. J'avais trouvé le juste équilibre entre ma vie professionnelle, ma vie amoureuse et mon père. Il était tard ce soir là mais j'avais envie d'entendre la voix de mon papa. Son téléphone ne sonna pas longtemps, on aurait dit qu'il attendait mon coup de fil.
- Allô papa.
- Bonsoir fiston, pourquoi m'appelles tu si tard?
- Bufff, rien de bien spécial. Je voulais juste entendre ta voix et te dire que je t'aime.
- Mais qu'est ce qui t'arrive Viane? Tu deviens nostalgique ? me dit il avec un ton un peu moqueur.
- Un peu. D'ailleurs, pourquoi t'es toujours éveillé à cette heure ?
- Un peu de respect jeune homme, je suis ton père. Et toi, pourquoi es tu aussi éveillé à cette heure ? Tu travailles très tôt tout à l'heure n'est ce pas!
- Et bien, j'étais avec une femme et c'est quoi ton excuse à toi?
- Je vais te frapper petit insolent !
- Et bien, je t'attends vieil homme.
- Je t'aime aussi fiston, va te coucher il est 1 heure du matin déjà. Prend soin de toi et ne t'inquiètes pas pour moi. Je prends soin de moi aussi.
- Dors bien papa.
- Dors bien aussi gamin.
Il raccrocha. J'allai prendre un bain puis j'allai me coucher. J'étais très content d'avoir pu parler à mon père.