Chapitre 2 : partie 3

1032 Mots
J'étais tout étourdi. Moi qui depuis des mois, essayais d'en connaître un peu plus sur Adaline, j'étais servi. C'était tout à fait incroyable qu'elle ait décidé de son plein gré de me parler d'elle. Je me sentais à la fois chanceux et honoré. Néanmoins, il me tardait d'en savoir plus. Je ne pouvais m'empêcher d'émettre un tas d'hypothèses. Est ce qu'Adaline avait été contrainte d'épouser un de ses multiples prétendants ? Est ce pour cela qu'elle a abandonné son enfant ? Toutes ces questions me hantaient. J'étais tellement perdu dans mes pensées ce jour là que ça se ressentait dans mon travail. Je n'étais guère concentré. Je trouvais incroyable qu'une femme attire mon attention de la sorte. Le fait que je rencontre Adaline m'avait complètement changé. Je n'étais plus l'homme que j'ai été toute ma vie. J'étais désormais incapable de faire de la peine à une femme d'une quelconque manière. Adaline avait réussi à me changer sans même s'en rendre compte. Je ne voyais pas en elle une femme à désirer, loin de là, je ne voyais qu'une femme en elle. Et toutes les fois où elle m'a touché la joue en la caressant, je voyais en elle une mère. La mère que je n'ai hélas jamais connu. Je ne savais strictement rien de la relation entre une mère et son fils, mais à chaque fois qu'Adaline me touchait la joue en souriant, je me disais que seule une mère peut le faire ainsi. Chaque fois qu'elle le faisait, j'avais l'impression qu'il y avait un carnaval en moi. On aurait dit qu'il y avait un festival d'émotions en moi, je ne sais comment expliquer ce que je ressentais mais je sais juste que ce sentiment était fort et unique. Et quand je rentrais le soir, et me retrouvais tout seul dans mon appartement, je me sentais soudainement seul. Il est vrai qu'avec mon père, on s'appelait tout le temps mais faut avouer que je me sentais seul car j'avais besoin de ma maman. C'est incroyable comme toutes ces années, je n'avais pas ressenti son absence comme cette période de là. Ah! Si seulement j'avais son nom, juste son nom. J'avais eu beaucoup de travail cette journée là et je n'ai pas pu avoir du temps pour continuer ma conversation avec Adaline. Je suis juste passé la voir ce soir là pour faire la dernière visite de la journée, ce que j'ai fait d'ailleurs avec tous mes autres patients. Ce soir là, je n'ai pas appelé papa pour lui parler de ma journée. J'avais juste envie de solitude et de sérénité. Ça faisait des mois que je n'avais pas eu de petit amie. Ma rupture avec Queen et ma rencontre avec Adaline m'ont fait réaliser que je me conduisais comme un gros idiot avec les femmes. Avant, je sortais avec des femmes juste pour le plaisir de rompre avec elles au moment où elles s'attendaient le moins. Mais faut dire que j'étais fatigué de cette situation. J'avais marre de jouer ainsi avec les cœurs de toutes ces femmes, j'avais marre de devoir tromper et mentir tout le temps. Une seule chose était sûre, je ne savais strictement rien à l'amour. Je m'endormi cette nuit là sans même m'en rendre compte. Le lendemain, c'était un dimanche, je ne travaillais pas ce dimanche là. J'ai donc pensé que c'était le jour idéal pour passer la journée avec Adaline et ainsi, continuer d'écouter le récit de sa vie. Faut dire que juste la pensée d'aller voir Adaline me rendait heureux. Pour l'occasion, je me mis sur mon trente un. Quand j'arrivai au centre, je passai d'abord faire un coucou à mes autres patients car je savais que je passerai toute ma journée à parler avec Adaline. J'étais enfin devant la porte de la chambre d'Adaline, j'espèrais secrètement qu'elle serait heureuse de me voir et peut être me ferait elle un sourire. Elle ne m'entendit sûrement pas ouvrir la porte car elle n'avait pas bougé d'un poil. Elle était assise sur sa chaise roulante et regardait l'extérieur par la fenêtre comme elle en avait l'habitude. Je marchais vers elle mais on aurait dit qu'elle ne m'entendais toujours pas. Alors, je me tint près d'elle et je dis: " l'extérieur est beau vu d'ici n'est ce pas!". Elle tourna la tête vers moi. - Bonjour docteur, qu'elle merveilleuse surprise, vous êtes là depuis quand? - Je suis entré il y'a quelques minutes, vous étiez tellement concentrée que vous ne m'avez pas entendu. Elle sourit mais ne dit plus mot. - Je suis votre visiteur du jour, je suis là juste pour passer du temps avec vous Adaline, lui dis je. Je pris les commandes de son fauteuil par la même occasion et nous nous dirigions vers le petit parc du centre. Adaline avec le temps avait appris à me faire confiance et j'espèrais même qu'elle m'aime bien. Elle avait fait tellement d'années enfermée dans ce centre qu'il me passait parfois l'envie de la faire sortir de là. J'aurais aimé qu'au delà de nos petites balades dans le centre, on aille aussi faire un tour dans la ville. J'aurais aimé qu'elle respire un autre air que celui qu'elle respirait dans le centre. Mais le règlement du centre l'interdissait, en plus, je n'étais même pas un membre de sa famille pour prendre de telles décisions. J'ai donc appris à me contenter de nos petites balades dans le centre. Je le sais, Adaline en était aussi très heureuse. - Combien de parfum de glaces existe t'il déjà docteur? Me demanda Adaline. - Je ne sais pas ma chère, mais il y en a énormément. Vous aimez les glaces vous? - Bien-sûr, qui n'aime pas les glaces! J'en raffolais dans ma jeunesse. - C'est bon à savoir. Vous savez Adaline, même les machines à faire des glaces ont évolué. - À qui le dites vous? Ça fait un bon moment que je suis enfermée ici, je suis sûre qu'un grand nombre de chose a changé. - Mais n'avez vous pas envie de sortir d'ici des fois? - Quelques fois, si, mais, je suis sûre que je me sentirai comme un poisson hors de l'eau. Et en plus, qu'est ce qu'une femme malade ferait dehors? Adaline se tut une fois de plus et resta pensive.
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