Chapitre 26

1218 Mots
Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. Je pensais à cette chère Adaline, ma mère. Je n'arrivais toujours pas à croire que cette merveilleuse femme était ma mère. Quand j'y repense, je me dis que mon cœur l'avait bien senti. Je comprenais mieux pourquoi je m'attachais à elle ainsi. J'avais besoin d'elle plus que jamais. J'avais juste une seule envie, celle de partir de chez moi en courant afin de la retrouver dans cette salle de soins intensifs. J'étais si heureux de savoir que c'était cette femme qui m'avait donné la vie. J'aurais donné tout ce que j'avais afin qu'elle soit à mes côtes, pour que tous les deux, on puisse jouir de cette merveilleuse nouvelle. J'espérais qu'elle se battrait afin de reprendre conscience. Je voulais qu'elle se batte pour moi. Je ne voulais pas perdre ma mère avant de l'avoir retrouvé. J'étais dans la chambre avec Rose. Elle me parlait mais je ne l'écoutais pas du tout. Je pensais à ma mère et à la réaction qu'elle aurait lorsqu'elle apprendrait la nouvelle. Le plus important pour moi était qu'elle reprenne conscience. J'avais envie de l'embrasser, de la toucher et de lui dire combien je l'aimais. Ma pauvre Adaline! Elle qui m'avait confié qu'elle avait peur de la réaction de son garçon. Je voulais juste voir sa réaction quand je l'appellerais maman et que je lui dirais que mon nom est Viane Song. Sa réaction, quand je lui dirais que je comprends ce qu'elle a dû enduré et que je ne lui en veux plus de m'avoir abandonné. Ma mère méritait amplement d'être heureuse après plus de 25 ans de tristesse. D'un autre côté, je pensais aussi à mon père. Je me demandais comment est ce qu'il recevrait la nouvelle. Est ce qu'il trouverait la force de pardonner à ma mère ? Ça, seul le temps avait le pouvoir de nous faire savoir. Je réfléchissais à la manière selon laquelle je dirais la vérité à mon père. Je savais très bien qu'il était toujours fou amoureux de son premier amour, donc j'espérais vivement qu'il lui pardonne. J'espérais qu'il comprenne ses motivations autant que je le faisais. Je voulais juste voir mes deux parents ensemble. Je voulais qu'ils soient tous les deux avec moi pour partager mon bonheur avec Rose. J'avais l'intention de demander la main de Rose avec l'accord de mes deux parents. Mais pour faire tout cela, j'avais besoin que papa croit de nouveau en l'amour. Pendant que j'étais là assis sur mon lit à réfléchir, je me demandais bien ce que je faisais encore à la maison. La seule chose qui me retenais chez moi en ce moment là était la présence de Rose. Mais mon cœur et mon esprit eux, était à l'hôpital avec ma mère. - Viane, je sais que tu meurs d'envie de voir ta mère alors va la retrouver, déclara subitement Rose. - Et toi, tu resteras toute seule ici? - Ne t'en fais pas pour moi, va la voir. Ça ne me pose aucun problème. Je me lévai promptement du lit, je donnai un b****r à Rose et je me changeai pour aller au centre. J'allais juste faire un tour au centre afin de voir comment allait déjà ma mère et pour lui parler aussi. Ensuite, je rentrerais chez moi retrouver Rose. Je laissai Rose presque endormie et je me dépêchai d'aller au centre. Les routes étaient libres donc je mis très peu de temps pour arriver au centre. Quand j'arriverai, le gardien fut le premier à me voir et il était très surpris d'ailleurs. Je garai ma voiture dans le parking réservé au personnel du centre et je me rendis aussitôt dans mon bureau. Je mis ma blouse et mes chaussures de médecin et je me rendis directement dans la salle des soins intensifs où se trouvait ma mère. À mon arrivée en salle, il fallait que je suive le protocole et que je mette une tenue appropriée pour pouvoir entrer dans la salle. Ensuite, j'entrai dans la salle. J'étais très ému de me tenir devant ma mère. Il est vrai que j'avais déjà vu Adaline des centaines de fois mais cette fois là, tout était différent. Je ne voyais plus du tout Adaline mais je voyais ma mère. Sur le coup, je fondis en larmes. Que la vie pouvait être surprenante ! J'ai été en face de ma mère tous les jours pendant des mois et des mois. C'était tout simplement incroyable pour moi de me dire que je l'avais connu et que je l'avais aimé au premier regard comme si j'avais su la vérité dès le début. Quand je la voyais inconsciente allongée sur ce lit, des souvenirs de mon enfance me revenaient. Je pensais à toutes les fois où elle m'avait manqué, je pensais à toutes les fois où j'ai pleurer en silence dans ma chambre pour que revienne ma mère. Je pensais à toute la haine et à la rancoeur que j'avais accumulé dans mon cœur au fil des années. Tout ceci me mettait dans un tel état ! Elle disait qu'elle était partie pour protéger les deux personnes qu'elle aimait le plus au monde, mon père et moi. Elle voulait juste nous épargner beaucoup de peine. Elle ne voulais en aucun cas qu'on soit témoins de sa souffrance. Quand j'ai rencontré Adaline pour la toute première fois, je me suis dit, ma mère doit sûrement être aussi belle que cette femme. Et pourtant, à cette époque, je disais haïr toutes les femmes. Mais en y repensant, je comprenais qu'en faite, je n'avais jamais réellement détester la race féminine. C'était juste pour moi une manière de me protéger et de cacher toute la douleur que je ressentais. Quand j'étais adolescents, il m'arrivait de pleurer toutes les nuits dans mon lit. Je me disais parfois que j'étais la cause du départ de ma mère. Mais ça, je ne l'avais jamais dit à personne. Je refoulais toujours mes sentiments. Et là, devant ce lit d'hôpital avec ma mère couchée dessus et inconsciente, je me disais que j'avais besoin de temps. J'avais besoin de temps pour mieux la connaître. Je ne voulais pas la perdre d'aussitôt. Et moi qui ne croyais pas en Dieu, moi, l'adepte inconditionnel de la science, je me mis à prier. Telle était ma prière. Je sais que je n'ai jamais cru en toi mais il m'est arrivé plusieurs fois de voir des personnes avec la ferme assurance de ton existence. Si vraiment, il y'a un être suprême quelque part qui m'écoute, je vous supplie de ne pas me retirer ma mère maintenant. Je sais bien que tout ceci sonne comme un chant d'hypocrisie mais non, c'est le cri d'un homme désespéré. Veuillez s'il vous plaît empêcher ma mère de quitter ce monde car si vous savez tout comme on le dit, alors vous savez sûrement à quel point j'ai envie de la connaître. Jamais encore je ne vous avais fait une requête, alors s'il vous plaît, ne me rejettez pas. J'ai aussi le droit de connaître ma mère et elle aussi a le droit d'être heureuse. Sa vie n'a été que malheureuse ces dernières années. J'ai entendu des gens dire que vous êtes juste. J'ai lu des livres où on disait que rien ne vous est impossible, donc je me remets à vous. J'espère obtenir une suite des plus favorables.
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