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1020 Mots
Mon père déteste qu'on lui désobéisse, qu'on lui impose nos pensées. Mon frère en est la preuve vivante. Il est enfermé dans un centre pour qu'il devienne ce que notre père a décidé qu'il devienne. Et franchement, ça craint. Je me demande ce que penserai mon père de cette situation. Même si maman et lui ne racontent pas leur histoire, tout le monde sait comment ils se sont rencontrés, ou plutôt comment mon très cher père a kidnappé ma mère. Mon cœur s'emballe lorsque j'entends mon kidnappeur parler en russe, au chauffeur je présume. Quel connard ! Me mettre dans un coffre de voiture non mais sérieusement ! Je ne suis pas très grande de taille, et je suis très mince, je tiens parfaitement dans le coffre, je laisse même un peu d'espace. Je comprends tout ce que mon criminel dit, et le fait qu'il parle de son avion n'est pas très rassurant. Pas du tout rassurant. Je ne sais pas ce que je ressens vraiment en ce moment, tout est confus dans ma tête, à croire que ça m'arrive souvent de me faire kidnapper par des criminels. Ça doit être le fait que j'ai grandis dans un milieu différent des autres personnes, au lieu de coiffer ma poupée, je trouvais plus amusant de lui couper la tête avec un couteau, et au lieu de regarder des dessins animés avec mon frère, je préférais aller en cachette à la cave pour regarder les hommes de papa torturer des traitres. Tout ce sang, ces cris, ces hurlements, tout ça ne me faisait pas peur, au contraire, je me sentais à ma place au milieu de tout ça. Je ne sais pas si je suis atteinte psychologiquement, mais une chose est sure, tout le reste de ma vie j'ai essayé de m'éloigner du monde de papa. J'avais peur de me perdre au milieu de tout ça et que je ne pourrai plus jamais m'en sortir. Et à chaque fois que j'ai essayé de m'éloigner quelque chose me rongeait intérieurement, comme si ce monde était un aimant et moi le métal impuissant qui se laissait captiver par une telle puissance. J'aime le pouvoir, j'aime me sentir puissante. Ma mère en avait conscience, et c'est pour cela qu'elle m'a encouragée à partir faire des études à Harvard...m'éloigner le plus possible du domaine et de mon père. Des études de droits...quelle ironie ! Je ferai une avocate d'enfer ! Et ce fut un succès, puisque en découvrant le monde comme le perçoit une fille de mon âge, j'ai pu oublier qui j'étais et d'où je venais. Au début, je maintenais une relation secrète avec Daniel qui venait souvent me rendre visite sur le campus jusqu'au jour où j'ai compris que Daniel était la dernière étape de ma rupture avec ce monde. Mais comme je le disais ce monde est un aimant qui m'attire, la preuve en est là...je suis dans un coffre d'un véhicule appartenant à un criminel qui vient de me gagner comme esclave. Et le pire, c'est qu'il ne doit absolument pas savoir que je suis la fille d'Aleksander Petrov, qui sait ce que mon père a du faire à son père, son oncle, son chien ou je ne sais quel autre membre de sa famille. Mon père est toujours dans le coup, et là, c'est moi qui vais en payer le prix. La voiture s'arrête. Je retiens mon souffle en me positionnant pour attaquer, même si mes mains sont attachées je pense pourvoir contrôler la situation, je fais beaucoup de sport, du self-défense et de la boxe, je sais parfaitement me défendre dans n'importe quelle situation. Merci Alexeï ! Mon entraineur. Je l'entends quitter le véhicule, ensuite j'entends ses pas s'approcher, le clique du coffre qui va s'ouvrir... Une fois qu'il l'ouvre je saute en sortant mes jambes en premier pour lui infliger un coup de pied sur le visage. Il bascule parterre, le seul souci c'est que ce n'est pas l'homme de mes tourments, mais son chauffeur. Quand il revient à la charge, je lève mes mains enchainées et je lui donne un coup sous le nez, il recule et porte sa main à son nez qui saigne, je crois que lui ai cassé le nez. Lui qui n'a rien demandé. Mais ce qui me fait le plus paniquer, c'est le jet privé qui se trouve juste en face de moi. Non, je dois absolument m'en fuir. Je ne peux pas partir je ne sais où, avec ce criminel. Avant qu'il puisse reprendre ses esprits, je lui donne un dernier coup au visage avec la chaine qui m'emprisonne et je le fais tomber par terre. Je me retourne pour voir le bel apollon diabolique qui me fixe, ses lèvres dessinent un sourire sadique et ses mains applaudissent lentement la scène. -Très bien ! Je vois que t'es souple et... entrainée. Dit-il dans un sous-entendu. Je m'avance vers lui, ensuite j'affiche le même sourire que lui. -Quand tu recevras mon pied dans la gueule tu sauras à quel point je suis...souple. Dis-je. -Je ne t'ai pas donné l'autorisation de me tutoyer. Fait-il remarquer. -Et moi je ne t'ai pas donné l'autorisation de me mettre dans ton coffre, tu vois...on n'obtient pas toujours ce qu'on veut ! Il s'approche dangereusement de moi. Ses yeux me toisent avec une ardeur qui me fait presque peur...presque. Une fois près de moi, je peux sentir son odeur virile mélangée à son eau de toilette, et c'est agréable. Mais je ne dois pas me laisser faire par ce monstre, ce n'est pas l'un de ces mecs que je rencontre en boite pour un coup d'un soir, ou l'un des gardes du corps de papa que je me tape en cachette. C'est un criminel qui a l'air très dangereux, je dois m'en méfier. Il approche sa main de mon visage et attrape mon menton pour le faire remonter et plonger ses yeux menaçant dans les miens qui ne vont pas céder. -Il y'a quelque chose en toi...je ne sais pas quoi. Mais il y'a quelque chose en toi de différent. Dit-il en me regardant avec un air dubitatif. 
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