-Je ne comprends pas...vous deviez me payer. Vous voulez que je vous rappelle la somme que vous me devez ?
Gary blêmit. Et quand cet homme pose ses yeux bleus sur moi, son regard devient plus intense, plus...pénétrant.
Gary reprend la parole en se justifiant comme un moins que rien, mais ni moi, ni mon criminel entendons ce qu'il dit. On reste de bout, à nous fixer. Une chaleur indéfinissable monte tout au long de ma colonne vertébrale à mon donner des frissons.
Qui est-il ?
Il prend la parole, mais cette fois-ci pas envers Gary, mais envers moi.
-On s'est déjà vu ? Me demande-t-il.
Tout en le fixant je hoche la tête négativement d'un geste long. Il a eu la même impression que moi ? Lui aussi pense qu'on s'est déjà vu ? Et s'il savait qui j'étais, et si c'était l'un des ennemis de mon père ?
Gary se rend compte de la tension qui vient de s'installer entre mon criminel et moi.
-Je vous présente Aurore.
-Aurore. Répète-t-il, mon nom sorti de ses lèvres est surprenant. Je ne l'ai jamais trouvé aussi beau.
-Vous savez, Aurore est très gentille...
Je n'écoute plus ce que Gary dit, je reste hypnotisée par le charme et le charisme de cet homme. Je m'imagine me présenter à lui. Qu'est-ce que je pourrai bien lui dire...
« Bonsoir, je suis Aurore je suis ravie de faire votre connaissance. Et pour tout vous dire, je ne suis pas une p****n, mais une fille qui s'est fait kidnappée en boite par des gens...bizarre, mais si ça m'a permis de voir une beauté pareille, je me dis que ça en valait le coup ! ».
Je secoue ma tête pour en faire sortir toutes ces absurdités. Je ne dois pas penser comme ça. Il faut que je retrouve Kat c'est ma priorité. Cet homme...je ne le connais pas. Ça doit être le kidnapping, le choc et la peur qui me font ressentir des choses pareilles.
-Marché conclu. Annonce le bel homme sans laisser Gary dire un mot de plus.
Je n'ai même pas retenu son nom. Avant que je puisse dire quoi que ce soit, ont me tire mais cette fois-ci d'un geste plus possessif. Je prends conscience que c'est l'homme sur qui je fantasme qui me conduit en dehors de ce bâtiment.
Il ne prononce pas un mot. Il ne me regarde pas, comme si j'étais une vulgaire marchandise. Il me conduit vers une voiture. Peut-être qu'on pourra discuter dans le véhicule, voir qui il est et de ce qu'il est capable de faire.
« Tu dois tout savoir sur tes ennemis, ce qu'ils veulent, quels sont leurs motivations, et de ce qu'ils sont capable de faire. ». M'avait dit mon entraineur.
Il me conduit à l'arrière du véhicule et ouvre le coffre. Quand il m'attrape par la taille je m'éloigne de justesse.
-Mais ça ne va pas la tête ? Vous n'allez quand même pas me mettre dans la coffre, je ne suis pas un sac de patate que vous venez d'acheter !
L'homme lève un sourcil l'air amusé. Je me rends compte que ce sont les premiers mots que je prononce en sa compagnie.
-Gary ne m'a pas prévenu que tu avais du caractère.
Je lui lance un regard noir.
-Maintenant, ne joue pas avec moi, tu ferais mieux de faire ce que je te demande de faire, sinon tu le regretteras....Menace-t-il sans donner plus d'arguments.
Au lieu de faire ce qu'il me dit, je hausse des épaules.
-Généralement, je ne fais pas ce qu'on me demande de faire, donc si vous voulez me punir en pointant une arme entre mes deux yeux, ou me poursuivre avec je ne sais quel objet sadique m'est égal. Une chose est sure, c'est que je ne grimperai pas dans ce coffre de mon plein gré ! Je ne suis pas maso pour faire ça ! Dis-je en frappant le sol avec mon pied gauche.
-Tu me défis alors...Dit-il en tirant tellement fort sur la chaine que je sens le métal écorcher mes poignets qui me fait mal. D'un geste rapide je lève mon pied et le frappe sur sa cuisse en ratant ma cible, son entrejambe.
Il écarquille les yeux.
-Tu vas le payer s****e ! Menace-t-il dans son parfait accent russe. Quand il essaie de m'attraper par les cheveux je l'esquive, et sa main se cogne contre la voiture. Il jure ensuite il me fixe avec ses yeux menaçant.
D'un geste rapide il m'attrape par la taille, je baisse la tête et le mords. Il cri de douleur en me jetant dans le coffre et en enfermant rapidement la porte comme si j'étais un chien enragé, puis il s'éloigne en me laissant dans l'obscurité. Quel imbécile celui-là !
Quand je l'entends monter dans le véhicule et que ce dernier démarre, je commence à crier en l'insultant de tous les noms, je n'épargne ni sa mère, ni sa grand-mère, ni ses ancêtres.
Durant tout le trajet que la voiture fait, j'essaie de me calmer. Crier, ne me servira à rien. Cet homme n'est visiblement pas prêt de me libérer. Je ne suis pas prête de retrouver Kat, et apparemment je ne suis pas prête de m'en sortir moi-même. Il me reste qu'une seule chose à faire, m'en fuir.
J'étais déjà venue en Espagne auparavant, je n'aurai aucun souci à trouver mon chemin. Mais ce qui m'inquiète c'est que cet homme quitte l'Espagne avec moi. Dans ce cas-là, je n'aurai pas vraiment le choix. Je devrai alors contacter mon père, même si je sais que les représailles qu'il me fera subir seront peut-être moins dur que ce que ce russe à l'intention de me faire subir.