D'habitude j'ai toujours une longueur d'avance sur ce qui se passe. Avec une famille comme la mienne je reste toujours sur mes gardes. Mais là, je ne sais plus quoi faire, ni à quoi m'attendre, et si cet homme va me reconnaître et me tuer...après tout mon père n'a pas hésiter à tuer tous ses ennemis, et si cet homme en veut terriblement à mon père...comme m'avait dit Daniel au téléphone, mon père se fait des ennemis partout où il va.
La porte s'ouvre précipitamment. Le g*****e entre dans la pièce en imposant son affreuse carrure.
-Suis-moi ! Ordonne-t-il.
Je dis au revoir à Macarena, ensuite je suis mon bourreau du soir. En marchant derrière lui je m'imagine lui asséner un coup de pied aux fesses et le projeter tout droit vers le mur. Je ris intérieurement en imaginant la scène, ça serait vraiment très drôle. Malheureusement je n'aurais aucune chance face à lui avec mon physique de fourmille d'un 1m58. Même si Daniel me répétait souvent que j'étais une dure à cuire qu'on on se battait pour s'entrainer. Pourvu qu'il me trouve...
Nous entrons dans une salle ou j'aperçois les deux cinglés de tout-à-l 'heure.
-Elle est là ! Aurore sais-tu que tu es d'une beauté à en couper le souffle ! Me demande Gray en s'approchant de moi.
-Et vous....votre physique me coupe l'appétit ! Dis-je avec sarcasme.
Les yeux du vieux s'assombrissent. Je sais qu'il ne me fera rien vu qu'il a l'intention de me présenter à un client qu'il craint apparemment.
La femme qui l'accompagne lui tend quelque chose. J'essaie de voir ce que c'est mais je n'y arrive pas. Ensuite l'homme approche le truc vers moi et mes yeux s'écarquillent lorsque je découvre des menottes suivis d'une longue chaine.
Quand je me recule, le géant me retient, et d'un geste facile Gary place les menottes autours de mes poignets et les referme. Ensuite à l'aide de la chaine il me tire comme un animal.
-On vous a déjà dit que vous étiez un fils de p**e ? Je lui demande en souriant.
Il plisse les sourcils et affiche un air de colère. Qu'est-ce qu'il croit, il va me traiter comme un animal et s'en sortir juste comme ça ? Non, pas question ! Même s'il me tue pour me manque de « respect » je n'ai rien à faire. Je battrai pour ma dignité quoi qu'il m'en coute.
-Non, les gens n'osent pas me dire de tels propos, ils connaissent assez bien les représailles que je leurs infligerais. Dit-il fier de lui.
-Alors moi je vous le dit, Gary vous êtes un fils de p**e. Dis-je de nouveau en haussant les épaules et en le défiant du regard. Même s'il va me donner à un criminel, je ne vais pas partir sans l'insulter.
Mais la réponse à mes insultes ne tarde pas quand je reçois une gifle phénoménale, la seconde de la journée. Ma tête part sur le côté, puis revient dans un geste tout à fait banal, je sens du sang dans ma bouche, mais je ne dis rien du tout, je ne pleure pas, et je ne crie pas, je me contente de fixer cet imbécile, ensuite je lui cache dessous, et j'avais raison pour le sang quand je remarque la couleur légèrement rose de ma salive. Gary semble toujours surpris par mon comportement et mon manque de discernement.
-Mais qu'est-ce qui ne va pas chez toi Aurore ? Tu es bizarre et...idiote. Si tu te comportes de la sorte avec l'homme qui va te prendre, je ne donnerai pas cher de ta peau! Menace-t-il en essuyant son visage.
Je roule des yeux. Car je vais me comporter comme ça. C'est mon caractère et je ne vais pas le changer à causes d'imbéciles pareils. Je ne vais surement pas me laisser faire. Cet homme qui va me prendre, je vois d'ici ses intentions, après tout, c'est un criminel, il va m'utiliser sexuellement. Mais je ne me laisserai jamais faire. Jamais...
A la première occasion qui s'offrira à moi, je m'enfuirai.
-Non seulement vous êtes un fils de p**e Gary, mais aussi un abruti et il faut vraiment le faire pour être les deux. Je l'insulte encore essayant de gagner du temps. Je me dirige tout droit vers ma perte en n'ayant aucun plan.
Gary tire brutalement sur ma chaine, je trébuche mais heureusement je ne tombe pas. Il se dirige vers une grande salle. L'intérieur est aussi merdique que le reste de ce manoir, ou je ne sais pas quoi. Toujours ce style de vampire démodé.
Plus nous avançons dans la salle plus les battements de mon cœur augmentent, surtout lorsque mes iris aperçoivent au loin un homme debout devant une table. Grand, impressionnant, imposant, il porte un costume qui lui va parfaitement, ses cheveux sont d'un noir obscur, et puis ses yeux me coupe le souffle, ses iris sont bleus, mais pas ce bleu typique, non c'est un bleu qui vire vers le foncé, un bleu pétrole que je n'ai jamais vu de toute ma vie. Sa mâchoire est carrée et puissante portant une barbe parfaitement rasée lui donnant un air d'homme dangereux avec qui on a envie de passer une nuit.
Je reste sans voix devant cet Apollon.
Moi qui suis attirée par le danger. Je ne vois pas comment on peut faire mieux. Cet homme c'est le diable et lange en même temps, la parfaite définition de l'ange déchu.
-Monsieur Markovitch, voici notre paiement. Dit Gary en me rapprochant de l'homme.
L'homme, ce Markovitch lance un regard tellement froid qu'il me glace. Je peux apercevoir en lui, le danger, cet homme est dangereux.
Les deux hommes commencent à parler, mais dès qu'il prononce son premier mot, sa première lettre, le premier son qui sort de sa bouche entre ses lèvres charnues me rend toute chose. Son accent russe est magnifique. Il éveil en moi un truc que je n'ai vraiment pas envie de ressentir, mais c'est plus fort que moi. Je le ressens...peut-on être attiré par un homme qu'on ne connait pas, et qui plus est, un homme qui nous veut du mal ?
Physiquement, je comprends, car c'est un bel homme, un homme puissant, charmant, et irrésistiblement sexy, c'est normal d'être attirée par lui. Ce qui ne l'est pas c'est mon esprit qui réagit aussi face à cet Apollon, ça me trouble de ressentir ça pour un homme que je n'ai jamais vu, pourtant j'ai l'impression de le connaitre, comme si je l'avais dans ma peau, comme si je l'attendais...ce n'est pas normal. On ne peut même pas définir cette attirance de syndrome de Stockholm. Pour développer ce syndrome il faut que la victime vive durant une période prolongée avec son geôlier, Or moi je ne l'ai jamais vu.