-Pour ne pas t'effrayer ma chère Aurore, vaut mieux que je te décrive de Chaperon rouge au lieu d'esclave et ton maître de grand méchant loup au lieu de l'un des plus grand criminel au monde qui tue tout ce qui lui fait barrage.
Papa ?
Je secoue la tête en m'enlevant cette idée farfelue de ma tête, il n'ira pas jusque-là pour me punir de lui avoir caché mes vacances improvisés. Si ?
Même si mon père ne porte pas des costumes colorés et ne se balades pas avec des fourrures en faisant allusion aux contes de fées, il est quand même un peu...pas normal.
Je hausse des épaules. Ensuite je me mords l'intérieur de ma joue, un geste que je fais souvent pour ne pas dire ce que je ne devrai pas dire.
-Vous voulez faire de moi une p****n en fait ? Une p****n qui va servir de p****n pour un p****n de criminel ? Dis-je finalement.
-Gary, elle a du caractère celle-là, c'est dommage qu'on ne puisse pas la garder, on gagnera beaucoup avec elle. Dit la dame à côté de lui.
J'affiche un regard dégouté. Elle m'écœure, et elle n'a pas idée à quel point je peux avoir du caractère !
-Pourquoi dramatiser les choses ? Tu seras une p****n, certes, mais une p****n qui aurait servi à quelque chose. Réplique Gary pour me rendre la monnaie de ma pièce.
-Désolée, il n'est pas inscrit sur mon CV offres sexuelles gratuites. Donc trouvez-vous une autre personne pour jouer au chaperon rouge.
Je sens une main me prendre par les cheveux.
-Ahhhh ! Cri-je en me débattant, mais l'emprise est trop forte.
Le colosse de tout à l'heure tire tellement fort sur mes cheveux que j'ai l'impression qu'il va les arracher. Celui-là il ne va pas aimer mon coup de pied dans ses bourses.
-Demande des excuses à Gary, tout de suite !
Je me mords ma lèvre inferieur jusqu'à ce que je sente un gout métallique dans ma bouche. Du sang...mon propre sang.
-Lâche-moi bordel !!
-J'ai...dit...demande...des...excuses !
Je ne dis rien. Je me contente de sourire en méprisant du regard toutes ces personnes.
-Voyez-vous...les excuses aussi ne font pas partie de mes compétences ! Cri-je.
Voilà comment réagirait mon père dans ce genre de situation, il ne se repliera jamais. Et c'est ce que j'admire chez lui.
- Ne te comporte pas comme lui ! Ne sois pas cette personne que tu n'es pas ! Tu ne peux pas faire du chantage aux gens pour obtenir ce que tu veux ! M'avait grondé une fois ma mère lorsque j'avais menacé ma prof de philosophie avec un pistolet que j'avais piqué à mon père. J'avais onze ans à cette époque.
L'homme écarquille les yeux et s'approche de moi, puis sa main s'abat sur ma joue. Sa gifle est tellement forte que ma tête est partie sur le côté. Mais je ne pleurerai pas, je ne lui donnerai pas ce plaisir.
-Tu es insolente ! Cri ce Gary en affichant un regard menaçant.
Je ris nerveusement.
-Vous êtes proxénète...personne n'est parfait. Dis-je avec une pointe d'ironie.
L'homme plisse les yeux, ensuite oriente son regard vers le géant qui m'a conduite jusqu'ici.
-Emmène-là, prépare-là et contacte-le ! Ordonne-t-il.
Le grand con me tire vers la sortie.
*****
Je me retrouve dans un grand salon d'un style baroque. Je suis assise sur l'un des fauteuils dorés. Il y'a une grande porte de balcon en face de moi portant de grands rideaux brillants avec des motifs exagérés. Un grand lustre trône au milieu de la pièce.
Je n'aime pas la déco, ça avait du gout mais c'était au XVIème siècle, aujourd'hui ça à l'air démodé et trop chargé.
Je soupire en me calant confortablement contre le dossier du fauteuil. Je me demande ou est passé le molosse qui m'a conduit jusqu'ici. Ce n'est surement pas pour me montrer la déco.
Je regarde autour de moi essayant de trouver un téléphone, un ordinateur, un moyen de communication. Ensuite je scrute les sorties, il n'a que la porte par qui je suis entrée et la porte du balcon dissimulée par ces rideaux qui semblent difficiles à écarter, rien de les voir je suis essoufflée.
Quand la porte s'ouvre je quitte mes pensées. Le molosse de tout à l'heure entre accompagné d'une jeune femme qui semble mal traitée.
-Occupe-toi d'elle, prépare-là, tu as une heure. Ordonne-t-il à la jeune femme qui acquiesce en affichant un air apeuré.
Ensuite il quitte la pièce en frappant violement la porte. Quel s****d !
-Salut. Dis-je à la jeune femme qui ne me répond pas.
Elle se dirige au fond de la pièce pour ouvre l'armoire qui s'y trouve. Elle fouille à l'intérieur, puis elle revient avec une robe bleue, des escarpins à sortie et du maquillage.
Bordel !
-Bon, la donne-moi tout ça. Je vais me préparer toute seule. Dis-je en prenant la robe et les chaussures. Ils auraient pu me laisser prendre une douche au moins.
Je retire mes vêtements sans honte. Je n'ai jamais été pudique. Je suis tout à fait à l'aise avec la nudité. J'enfile la robe bleue simple et jolie, ensuite je mets les chaussures qui vont assorti avec la couleur turquoise de la robe. Cette fille a du goût.
-El maquillaje...fait-elle remarquer en me montrant le maquillage avec un hochement de tête.
Je vois qu'elle ne parle pas l'anglais, c'est peut-être pour ça qu'elle ne m'a pas répondue. Je lui souris, je sais que si je n'obtempère pas elle aura des problèmes. Et elle a l'air mal traitée, affamée, violentée et triste.
La pauvre...c'est dure ce qu'elle vie, et c'est encore plus dure de savoir que personne ne peut la sortir d'ici. Je sais ce que c'est, j'ai déjà vu des personnes souffrir, certes, mon père ne fera jamais de mal à des jeunes filles, il n'a jamais possédé des maisons closes, ou des bordels de proxénètes, non, lui en fait, il se contente de tuer ceux qui se mettent en travers de son chemin. Mais j'ai été à plusieurs fêtes que ses semblables organisaient, et j'avais vu des choses horribles, je ne savais même pas que le terme d'esclave sexuelle existait.
Je souris à la jeune fille, puis je lui demande quel est son nom.
-Cómo te llamas ? Je demande tout en prenant la palette de far-à-paupières.
Elle avale péniblement sa salive.
-Macarena. Dit-elle dans un murmure, comme si elle avait peur que quelqu'un nous entende.
Elle me sourit puis, elle me demande de la laisser me maquiller, je me laisse faire comme si j'allais à une fête juste après. Je sais pertinemment ce qui va se passer, ces salops vont me donner à un criminel en guise de paiement. Et je ne sais même pas de quoi ce dernier est capable. J'essaie de me rassurer, car je sais que Daniel fera tout pour me retrouver. Une idée me passe subitement par la tête.
Je regarde Macarena d'un air interrogateur. Je vais lui demander si elle n'a pas vu Kat. Peut-être qu'elle est ici...prisonnière.
-Porfa Macarena, no has visto mi amiga ? Es rubia y bastante delgada, tiene el pelo rubio, corto, liso y...tiene los ojos azules...y habla muchísimo!
Elle affiche un air désolé.
-No, lo siento. Répond-t-elle en affichant un regard triste et désolé.
Je la remercie quand même. Ensuite je la laisse me faire une beauté. Mon regard plonge dans le vide. Je ne sais pas vraiment ce que je ressens en ce moment, de la peur ? De la tristesse ? Du regret ?
Je sais qu'une seule chose, qu'aujourd'hui ça va mal se terminer pour moi.