Chapitre 8-2

2228 Mots
En lui ouvrant la porte elle fut contente de voir ses yeux se colorer d’ambre à la vue de la robe. ― Mia, dit-il à voix basse, j’ai toujours su que tu étais jolie, mais tu es absolument magnifique ce soir. Mia rougit en entendant ce compliment et marmonna des remerciements. Le dîner fut le plus extraordinaire que Mia ait jamais eu l’occasion de déguster. Le Bernardin était un restaurant de grand luxe, les garçons y anticipaient chacun de leur désir avec une sollicitude singulière et les mets étaient tout simplement divins. Ils demandèrent le menu dégustation. Mia goûta chacun des plats, du carpaccio tiède de homard à la fleur de courgette farcie. Les vins qui accompagnaient les plats étaient délicieux eux aussi, mais cette fois Korum surveilla de très près ce qu’elle buvait et arrêtait le garçon quand il voulait remplir trop souvent son verre. Il fut relativement aisé de cantonner la conversation en terrain neutre. Korum savait écouter et il semblait sincèrement s’intéresser à la vie de Mia, même si elle devait lui sembler banale et ennuyeuse. Puisqu’il savait tout d’elle de toute façon et qu’elle n’essayait pas de lui plaire, Mia se confia à lui comme elle ne l’avait jamais fait avec un de ses anciens petits amis. Elle lui parla du premier qu’elle avait embrassé (elle avait le béguin pour lui, il avait huit ans et elle en avait six) et à quel point elle était jalouse des perfections de sa grande sœur quand elle était petite. Elle lui parla des espérances ambitieuses de ses parents à son sujet et de son propre désir de jouer une influence positive sur les jeunes en devenant conseillère d’orientation. De son côté, elle apprit qu’il habitait d’habitude au Costa Rica. Le climat était censé être le plus proche de celui de la région de Krina où il était né. ― Notre centre de Guanacaste est ce qui se rapproche le plus d’une capitale K sur terre. Nous l’appelons Lenkarda. Expliqua-t-il. Elle se souvint alors que John lui avait dit que sa sœur était prisonnière au Costa-Rica. Elle se demanda si Korum l’avait déjà vue. Ce n’était pas impossible, John lui avait dit qu’il n’y avait que cinq mille Ks dans chacun de leurs centres. Au fil du dîner, elle s’aperçut qu’elle s’éloignait de plus en plus de sujets de conversation anodins. Incapable de surmonter sa curiosité elle l’interrogea sur la vie à Krina et lui demanda de lui décrire sa planète. ― Krina est belle, dit-il. Imagine la terre en bien plus verdoyante. Grâce à notre histoire de l’évolution plus longue que la vôtre nous avons une faune et une flore bien plus riches. Nous sommes également parvenus à y préserver l’essentiel de notre biodiversité et nous avons évité les destructions massives qui ont eu lieu sur terre pendant les siècles derniers. Et dont les hommes étaient responsables, il n’avait pas besoin de le préciser à voix haute. ― Vous avez préservé l’essentiel, à l’exception de vos primates qui ressemblaient aux humains, c’est bien ça ? demanda Mia d’un ton caustique ; elle était un peu agacée par sa posture d’enfant de chœur. ― À cette exception près, c’est vrai, répondit Korum. Et quelques autres espèces particulièrement mal dotées pour survivre. Mia soupira et décida de passer à un sujet de conversation moins risqué. ― Et à quoi ressemblent vos villes ? Puisque vous avez une si longue espérance de vie, elles doivent être très densément peuplées aujourd’hui. Il secoua la tête. ― Eh bien non. Notre espèce n’est pas aussi fertile que la vôtre ; de nos jours rares sont les couples qui ont envie d’avoir plus d’un ou deux enfants. Si bien que dans les temps modernes notre taux de natalité a été très bas, à peine de quoi renouveler la population, et elle n’a pas beaucoup augmenté depuis des millions d’années. Il s’interrompit pour boire une gorgée et poursuivit. ― En fait, nos villes sont très différentes des vôtres. Nous n’aimons pas tellement vivre les uns sur les autres, nous sommes attachés à notre territoire individuel et nous aimons bien avoir beaucoup d’espace à nous. Nos villes ressemblent donc davantage à vos banlieues, les Krinars vivent dans les périphéries et vont dans les centres plus densément peuplés qui sont réservés au commerce. Et partout où l’on va, l’air est pur et non pollué. Nous aimons nous entourer d’arbres et de plantes si bien que même les zones urbaines sont aussi vertes que vos parcs. Mia l’écoutait, fascinée. Cela expliquait la présence de plantes partout dans son appartement. ― Cela semble très agréable, dit-elle. Puis une question évidente lui vint à l’esprit. Pourquoi quitter une aussi belle planète et venir sur terre où nous souffrons de pollution et de surpopulation ? Par exemple, ça doit être vraiment pénible pour toi d’être à New York ? Il sourit, lui prit la main et la caressa. ― Tu sais, maintenant j’ai trouvé une vraie compensation à New York. ― Non, sérieusement, pourquoi être venus sur terre ? insista-t-elle. J’ai du mal à croire que vous ayez abandonné votre planète d’origine pour venir ici et boire notre sang. En prononçant ces derniers mots, elle réalisa qu’il ne l’avait pas encore fait avec elle. Il soupira et la regarda, il venait visiblement de prendre une décision. ― Eh bien, Mia, en voici la raison : notre planète a beau être très belle, elle n’est pas immortelle. Notre soleil qui est une étoile bien plus ancienne que le vôtre commencera à mourir dans une centaine de millions d’années. Si nous étions encore sur Krina à ce moment-là notre race tout entière disparaîtrait. Nous n’avons donc pas le choix, il nous faut trouver d’autres solutions. ― Dans une centaine de millions d’années ? Cela semblait bien longtemps à Mia. Mais c’est tellement loin. Pourquoi venir ici maintenant ? Pourquoi ne pas encore profiter de votre belle planète pendant, disons… quatre-vingt-dix millions d’années ? ― Parce que, ma chérie, si nous avions encore laissé la terre aux hommes pendant quatre-vingt-dix millions d’années, la planète n’aurait sans doute plus été habitable pour nous. Il se pencha vers elle, l’expression de son visage était plus froide. ― Votre espèce s’est révélée être incroyablement destructrice, votre technologie a évolué bien plus vite que votre morale et que votre bon sens. Nous avons compris que nous devions intervenir au début de votre révolution industrielle parce que vous utilisiez les ressources de votre planète à un rythme forcené. Alors nous nous sommes préparés à venir sur terre parce que l’avenir était écrit en toutes lettres. Il s’arrêta et respira profondément. ― Et nous avions raison. Chaque génération a été plus vorace que la précédente, chacun de vos progrès technologiques a fait encore davantage de dégâts dans votre environnement. Votre vie est courte, vous raisonnez en décennies, et cela vous conduit à négliger l’avenir. Vous êtes comme des enfants qui détruisent leurs jouets pour le plaisir, oubliant qu’ils n’auront plus rien pour jouer le lendemain. Mia l’écoutait, elle avait l’impression d’être grondée comme une enfant l’est par son maître. Elle était rouge de colère et de honte. Il disait peut-être vrai, mais il n’avait pas le droit de porter un tel jugement sur l’ensemble de son espèce, surtout à la lumière de ce qu’elle savait sur les Ks. Les hommes étaient sans doute primitifs et bornés par rapport à eux, mais au moins ils avaient eu la sagesse et la conscience morale de renoncer à la traite des esclaves. ― Alors vous êtes venus sur notre planète pour l’envahir et l’utiliser à votre guise ? demanda-t-elle avec ressentiment. Et tout cela sous prétexte de la sauver de nos pratiques nuisibles à l’environnement ? ― Non, Mia, dit-il patiemment, comme s’il expliquait une évidence à un enfant. Nous sommes venus partager votre planète avec vous. Crois-moi, si nous avions voulu l’envahir, nous l’aurions fait. Nous nous sommes montrés d’une extrême générosité envers votre espèce. Nous avons interdit quelques-unes de vos habitudes les plus stupides, mais en général, nous vous avons laissés tranquilles et nous vous avons laissés vivre comme vous le vouliez. Ce qui est loin d’être votre cas à l’égard des vôtres. En voyant l’air têtu de Mia, il ajouta : ― Quand les Européens ont découvert les Amériques, ont-ils laissé les indigènes tranquilles ? Ont-ils respecté leurs traditions et leurs modes de vie ou ont-ils tenté de leur imposer leur propre religion, leurs propres valeurs et leurs propres mœurs ? Les ont-ils traités d’égal à égal ou comme des bêtes sauvages ? Mia secoua la tête en signe de dénégation. ― C’est loin tout ça. Nous avons changé et nous avons appris notre leçon. Nous ne reproduirions jamais de telles erreurs. ― Peut-être pas, admit-il. Mais ça ne vous gêne toujours pas d’exterminer d’autres espèces par négligence et par une ignorance délibérée. Il y a seulement quelques années vous traitiez les animaux que vous éleviez pour les manger comme s’il ne s’agissait pas de créatures vivantes. Et je ne parle ni de l’h********e ni des autres atrocités commises contre d’autres êtres humains pendant le siècle dernier. Vous n’êtes pas aussi éclairés que vous le croyez. Il avait raison et Mia le haïssait d’autant plus. Elle aurait tant aimé lui reprocher l’esclavage que les Ks infligeaient aux humains, mais elle n’était pas censée le savoir. Elle lui demanda à la place ― Si nous sommes si abominables pourquoi as-tu envie de moi ? Je n’aurais certainement pas envie de quelqu’un que je mépriserais autant. Korum poussa un soupir d’exaspération. ― Mia, je n’ai jamais dit que vous étiez abominables, surtout pas toi. Mais ton espèce manque de maturité et elle a besoin d’être guidée, c’est tout. ― Et en plus je ne suis qu’un jouet pour b****r, c’est ça ? dit Mia avec amertume sans trop savoir pourquoi elle s’aventurait sur ce terrain. Dans ces conditions, peu importe ce que tu penses de l’espèce humaine dans son ensemble. Il la regarda fixement, l’air impassible. ― Si c’est comme ça que tu vois les choses, entendu. Et c’est vrai que j’aime beaucoup te b****r. Ses yeux prirent une nuance dorée plus intense et il se pencha vers elle. ― Et toi aussi tu aimes ça. Pourquoi ne pas renoncer à mettre des étiquettes partout et essayer de prendre du bon temps ? Il s’adossa à son siège et demanda l’addition au garçon. Mia était rouge de honte même si son corps avait réagi à ce qu’il avait dit et qu’elle en sentait la soudaine excitation. Il paya et ils partirent, se dirigeant vers l’appartement de Korum. Dès qu’ils furent dans la limousine, il la prit sur ses genoux et l’embrassa si intensément qu’elle n’eut plus qu’un seul désir, être dans sa chambre. Les mains de Korum avaient glissé sous sa robe et la caressèrent entre les jambes jusqu’à ce qu’elle gémisse doucement et se tortille entre ses bras. Ils arrivèrent chez lui avant qu’elle ne jouisse. Il se hâta de la porter dans l’entrée de l’immeuble et Mia enfouit la tête dans sa poitrine, feignant de ne pas voir l’air choqué du concierge et des quelques habitants qu’ils croisèrent. Dès qu’ils furent seuls dans l’ascenseur, il recommença à l‘embrasser. La langue de Korum explora longuement la bouche de Mia jusqu’à ce qu’elle soit de nouveau au bord de l’o*****e. Sans prendre le temps de se déshabiller, il la porta dans la chambre et la jeta sur le lit. À leur arrivée, la musique d’ambiance et la lumière douce se déclenchèrent pour plus de romantisme. Mais Mia le remarqua à peine, tant son excitation était devenue fiévreuse. Elle le regarda avec avidité se déshabiller, toujours à une vitesse extraordinaire, et lui révéler son corps si puissamment musclé. Ce n’était pas étonnant d’être aussi accro pensait-elle avec la part la plus froidement rationnelle de son intelligence. Il était sans doute l’être le plus séduisant avec lequel elle serait de toute sa vie. Il se rapprocha alors d’elle et lui enleva sa robe, prenant à peine le temps de la dégrafer. Il ne lui restait que ses bas noirs et ses escarpins, le haut de son corps s’offrait tout entier au regard avide de Korum. ― Tu es tellement sexy, lui dit-il d’une voix rauque de désir. Et il bandait à fond en guise de confirmation. Il se pencha vers la poitrine de Mia, prit son téton dans la bouche et le suça bien fort jusqu’à que ce l’intensité du plaisir la fasse se cambrer sur le lit. Il fit de même avec l’autre téton, tout en lui caressant le c******s. Mia hurla en jouissant, le corps tout entier secoué par la violence de l’o*****e. Avant qu’elle ne puisse reprendre ses esprits, il recommença à l’embrasser avec une étrange expression sur le visage et sans qu’elle devine son intention. Il alla de ses lèvres à son cou, sa bouche brûlante couvrant de baisers le point de rencontre de son cou et de son épaule et la faisant frissonner de plaisir. Tout à coup, elle sentit la brève douleur d’une morsure et Mia comprit. Le choc lui coupa le souffle, mais avant que la peur ne s’empare d’elle une extase parfaite l’envahit des pieds à la tête. Au même moment, chaque muscle de son corps se raidit puis se détendit. Il lui semblait être comme incandescent. La dernière pensée rationnelle qu’elle eut fut que le plaisir venait de la composition chimique de la salive de Korum puis elle fut incapable de penser à quoi que ce soit, tout son être vibrant au rythme des baisers que Korum déposait sur son cou et de la sensation irrésistible de le sentir la pénétrer d’un seul coup. Le reste de la nuit fut un tourbillon de sensations et d’images. Elle fut vaguement consciente d’avoir plusieurs orgasmes successifs, ses sens avaient atteint un degré d’intensité presque insoutenable. Chaque couleur semblait plus vive, il lui semblait flotter dans un océan tiède dont les courants lui caressaient la peau et clapotaient en elle, provoquant tour à tour la tension et le soulagement de l’extase. Rien n’arrêta Korum dans sa passion, son pénis suivit en elle son rythme déchaîné jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’une sensation pure, l’essence d’elle-même réduite à sa plus simple expression, son identité même consumée dans la flamme du plaisir. Les heures passèrent, peut-être les jours. Mia ne le savait pas et s’en moquait. À un certain moment, elle avait tellement crié qu’elle en perdit la voix, puis elle ne put plus jouir, les orgasmes continuels l’avaient épuisée. Lui aussi alla de jouissance en jouissance, frissonnait sur elle puis la pénétrait de nouveau quelques instants plus tard. Finalement, Mia à bout de forces perdit conscience et tomba dans un profond sommeil. Un sommeil dénué de rêves qui termina l’expérience sexuelle la plus extraordinaire de sa vie.
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