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Tu m'appartiens déjà

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Blurb

À Marseille, Isée sauve un homme blessé sans savoir qu’il s’agit de Rafael De Santis, chef d’un cartel impitoyable. Le lendemain, sa vie bascule : famille réduite au silence, maison envahie, liberté volée. Prisonnière d’un homme aussi dangereux qu’obsédé par elle, Isée entre dans un monde où l’amour ressemble à une guerre psychologique.

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Aperçu gratuit
Épisode1
La pluie tombait violemment sur Marseille. Une pluie froide, agressive, qui transformait les ruelles du quartier nord en couloirs sombres et glissants. Les néons des bars clignotaient au loin, reflétant des couleurs sales sur le bitume mouillé. Isée pressa le pas. Son sac était coincé contre sa poitrine tandis qu’elle traversait la petite rue presque vide menant à son immeuble. Elle détestait rentrer tard. Dans ce quartier, les gens apprenaient vite à ne pas regarder trop longtemps certaines choses. Et surtout à ne jamais intervenir. Un cri étouffé résonna au loin. Elle se figea. Son cœur rata un battement. Puis plus rien. Seulement la pluie. Isée reprit sa marche rapidement, les épaules tendues. Son cerveau lui hurlait d’ignorer ce qu’elle avait entendu. Continuer. Monter chez elle. Fermer la porte. Mais quelques mètres plus loin, elle aperçut une silhouette effondrée entre deux bâtiments. Du sang coulait sur le sol. Elle s’arrêta net. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. L’homme était adossé au mur, la tête baissée. Un manteau noir trempé collait à son corps. Une main pressait violemment son abdomen ensanglanté. Il releva lentement la tête. Et Isée sentit immédiatement le danger. Même blessé… cet homme avait quelque chose de terrifiant. Un regard noir. Froid. Animal. Comme s’il pouvait tuer quelqu’un à mains nues sans hésiter. Leurs yeux se croisèrent quelques secondes. Puis il parla d’une voix rauque. — Dégage. Isée avala difficilement sa salive. Il devait avoir autour de trente ans. Peut-être un peu plus. Son visage était marqué par quelques coupures récentes. Une fine traînée de sang coulait le long de sa tempe. Mais malgré son état… Il paraissait incroyablement dangereux. Elle aurait dû partir. Tout son instinct le lui disait. Alors pourquoi restait-elle immobile ? L’homme ricana faiblement avant de grimacer de douleur. — T’as un problème de compréhension ? Isée regarda autour d’elle. Rue vide. Pas de police. Pas de passants. Juste eux. Et beaucoup trop de sang. — Vous allez mourir si vous restez là. Il eut un léger sourire sans chaleur. — Peut-être. Sa respiration devenait irrégulière. Il perdait du sang. Beaucoup. Isée hésita. Chaque seconde lui criait que cet homme n’était pas quelqu’un de normal. Ce genre d’hommes attirait toujours le chaos. Pourtant… Elle s’approcha lentement. Immédiatement, son regard changea. Plus dur. Plus v*****t. Comme un prédateur prêt à attaquer. — J’ai dit dégage. — Et moi j’ai dit que vous alliez mourir. Le silence tomba. La pluie continuait de frapper les murs autour d’eux. Puis il éclata d’un rire bref et sombre avant de tousser du sang. Isée pâlit légèrement. — m***e… Elle s’agenouilla malgré elle. — Laissez-moi voir. Au moment où sa main effleura son manteau, il attrapa brutalement son poignet. Fort. Trop fort. Isée étouffa un souffle de douleur. Leurs visages étaient proches maintenant. Très proches. Elle sentit immédiatement son odeur : pluie, fumée, sang. Et quelque chose de plus sombre encore. — Qui t’envoie ? murmura-t-il dangereusement. — Personne. — Mensonge. — Je ne vous connais même pas. Ses doigts se resserrèrent encore autour de son poignet. Ses yeux noirs fouillaient son visage comme s’il cherchait une faille. Puis lentement… son regard descendit sur elle. Ses vêtements simples. Son sac de travail. Son visage fatigué. Pas une menace. Juste une fille qui avait eu le malheur d’être là. Il relâcha enfin son poignet. Isée retint une grimace. Une marque rouge apparaissait déjà sur sa peau. — Vous êtes complètement fou, souffla-t-elle. Un léger sourire étira ses lèvres. Pas un sourire gentil. Un sourire dangereux. — Tu n’as encore rien vu. Elle repoussa cette phrase et ouvrit légèrement son manteau. La blessure était horrible. Une balle. Et beaucoup trop de sang. — p****n… Même lui semblait commencer à perdre conscience. Isée regarda nerveusement la rue. Si quelqu’un revenait… Non. Elle ne pouvait pas laisser un homme mourir ici. Même un homme comme lui. — Vous pouvez marcher ? — Oui. Il mentait clairement. Elle soupira. — Mon immeuble est juste là. Cette fois, son regard changea complètement. Méfiance absolue. — Mauvaise idée. — Vous en avez une meilleure ? Silence. Puis il tenta de se relever. Et s’effondra presque immédiatement. Isée le rattrapa maladroitement avant de jurer intérieurement. Il était beaucoup plus grand qu’elle. Et lourd. Très lourd. — Super… L’homme posa soudain son regard sur elle. Longuement. Comme s’il essayait de comprendre pourquoi elle faisait ça. Puis il murmura : — Tu devrais partir pendant qu’il est encore temps. Un frisson traversa Isée. Ces mots n’avaient rien d’une menace classique. Ils ressemblaient davantage à un avertissement. Mais elle l’ignora. — Appuyez-vous sur moi. Il la fixa quelques secondes supplémentaires avant d’obéir finalement. Et même blessé… Sa présence était écrasante. Ils avancèrent lentement sous la pluie jusqu’au petit immeuble délabré où vivait Isée avec sa mère. Heureusement, cette dernière travaillait de nuit à l’hôpital. L’appartement serait vide. Arrivés devant la porte, Isée chercha rapidement ses clés. L’homme derrière elle semblait à peine tenir debout maintenant. Pourtant… Elle sentait encore cette tension dangereuse autour de lui. Comme une arme chargée. La porte s’ouvrit enfin. Elle le fit entrer rapidement avant de verrouiller. Petit appartement. Lumière faible. Silence. L’inconnu observa immédiatement chaque détail. Les fenêtres. Les sorties. Les angles morts. Réflexe automatique. Isée le remarqua immédiatement. Qui était cet homme ? — Asseyez-vous. Il resta debout quelques secondes avant de finalement s’installer sur une chaise de la cuisine. Du sang gouttait maintenant sur le carrelage. Isée courut chercher la trousse de secours de sa mère. Quand elle revint, il tenait déjà un couteau dans sa main. Elle se figea. Le métal brillait sous la lumière. — Sérieusement ? Il ne répondit pas. Son regard était fixé sur elle. Froid. Calculateur. — Ouvre ça doucement. Isée leva lentement les yeux au ciel. — Vous êtes paranoïaque. — Je suis vivant grâce à ça. Elle posa lentement la trousse sur la table. Puis croisa les bras. — Si je voulais vous tuer, je vous aurais laissé dans la ruelle. Un silence. Puis, lentement… Il posa finalement le couteau. Mais il resta à portée de sa main. Évidemment. Isée s’approcha et nettoya rapidement la blessure. L’homme ne broncha presque pas. Mais ses muscles se contractaient violemment sous ses doigts. La douleur devait être atroce. — Vous devez aller à l’hôpital. — Non. — Vous pouvez mourir. — Pas ce soir. Sa réponse glaça légèrement Isée. Il disait ça avec une certitude effrayante. Comme quelqu’un habitué à survivre. Elle désinfecta la plaie malgré ses protestations silencieuses. Puis elle sentit soudain son regard sur elle. Constant. Lourd. Elle leva les yeux. Il la fixait sans détour maintenant. Comme s’il l’analysait. — Quoi ? — Tu trembles. Elle serra légèrement la mâchoire. — Parce qu’un psychopathe armé saigne dans ma cuisine. Étrangement… ça sembla l’amuser. Un vrai sourire cette fois. Court. Presque imperceptible. Mais terriblement beau. Et dangereux. Isée détourna immédiatement le regard. Mauvaise idée. Très mauvaise idée. Cet homme était exactement le genre d’homme qui détruisait des vies. Elle termina rapidement le bandage. — Voilà. Il observa le travail quelques secondes. Puis son regard revint sur elle. — Comment tu t’appelles ? Elle hésita. Pourquoi hésitait-elle ? — Isée. Le silence retomba. Puis : — Rafael. Ce prénom résonna étrangement dans la pièce. Rafael. Elle ne savait pas pourquoi… mais ce nom semblait lourd. Comme s’il appartenait à quelqu’un d’important. Dangereux. Rafael passa lentement une main sur son visage fatigué avant de fermer brièvement les yeux. La perte de sang commençait à le rattraper. Isée observa discrètement son visage. Même blessé… Il dégageait quelque chose de brutalement magnétique. Des traits durs. Une mâchoire tendue. Et ces yeux noirs… Mon Dieu. Ces yeux donnaient l’impression qu’il pouvait voir les faiblesses des gens immédiatement. Soudain, un bruit éclata dehors. Une voiture. Puis plusieurs portières. Rafael ouvrit immédiatement les yeux. Transformation instantanée. Tout son corps se tendit. Prédateur. Il attrapa son arme en une seconde. Isée recula sous le choc. Des voix masculines résonnèrent dans la rue. Rafael se leva malgré sa blessure. — Éteins la lumière. — Qu— — Maintenant. Sa voix était devenue glaciale. Autoritaire. Isée obéit immédiatement. L’appartement plongea dans l’obscurité. Puis Rafael attrapa brusquement son bras et l’attira contre lui. Elle retint un souffle. Beaucoup trop proche. Son corps était brûlant malgré la pluie froide. Il la poussa silencieusement contre le mur près de la fenêtre. Puis écarta légèrement le rideau. En bas, plusieurs hommes armés fouillaient la rue. Isée sentit son cœur s’emballer. Qu’est-ce que… Un des hommes cria quelque chose en italien. Rafael ne bougea pas. Mais elle sentit immédiatement la violence contenue dans son corps. Il était prêt à tuer. Ici. Maintenant. Sans hésiter. — Ce sont qui ? murmura-t-elle. Il tourna légèrement la tête vers elle. Leurs visages n’étaient séparés que de quelques centimètres. — Des hommes qui auraient déjà dû mourir. Le frisson qui traversa Isée cette fois fut bien plus dangereux que la peur. Parce qu’une partie d’elle comprenait enfin : cet homme n’était pas simplement v*****t. Il était le genre d’homme autour duquel les gens mouraient réellement. Les voix finirent par s’éloigner lentement. Le silence revint. Mais Rafael ne bougea pas immédiatement. Il observait encore la rue. Puis finalement… son regard glissa vers Isée. Elle réalisa soudain qu’il la tenait encore contre le mur. Sa main entourait toujours son poignet. Ferme. Possessive presque. Et il la regardait d’une manière étrange maintenant. Plus silencieuse. Plus dangereuse encore. Comme si quelque chose avait changé. — Tu aurais dû me laisser crever dans cette ruelle, Isée. Sa voix était basse. Fatiguée. Mais intense. — Trop tard maintenant. Elle tenta de retirer son bras. Il ne la lâcha pas tout de suite. Ses yeux restaient accrochés aux siens. Puis très lentement… Il relâcha enfin sa prise. Et pendant une seconde absurde, Isée ressentit presque le manque de cette pression autour de son poignet. Elle recula immédiatement, perturbée par sa propre réaction. Rafael remarqua tout. Bien sûr qu’il remarqua. Les hommes comme lui remarquaient toujours tout. Un léger sourire sombre apparut sur ses lèvres. Pas moqueur. Pire. Comme s’il venait de comprendre quelque chose. Puis il murmura calmement : — Mauvaise idée, princesse. Et cette fois… Isée comprit instinctivement qu’elle venait d’ouvrir une porte qu’elle ne pourrait plus refermer.

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