Chapitre XII

378 Mots
XIIMathilda, ignorant qu’il avait veillé si tard, s’invita dans son téléphone à l’heure du petit-déjeuner. Il grogna quelque chose en guise d’introduction, ce sur quoi elle enchaîna : — J’ai trouvé quelque chose dans le fouillis, je devrais dire dans le fatras, je t’assure qu’il va falloir que je m’y mette sérieusement, j’ai tout juste commencé, après ton passage un peu brouillon – il n’eut pas la force de protester – à faire du tri sélectif, c’est à la mode… J’ai donc trouvé une autre lettre dans un sac à main, adressée nommément à ta mère, elle t’a sans doute échappé. À mon avis, elle a dû cacher pas mal de choses à ton père, entre autres, une partie de sa correspondance – Jacques Plank imagina une certaine complicité entre sa mère et le correspondant – L’auteur reste très laconique, mais il parle de la mairie de Lorient où il doit récupérer un acte de naissance. Jacques Plank était maintenant tout à fait réveillé, malgré quelques brumes qui encombraient encore son cerveau, le renseignement était important pour ses recherches dans la sous-préfecture du Morbihan. — Et toi, ironisa-t-elle, à ta voix, je sens que tu t’endors sur tes lauriers… Il lui expliqua succinctement ses démarches de la veille sans trop s’étendre sur la case Bérénice. — J’aurai peut-être des compléments, il y a une chance que je puisse rencontrer un des professeurs de mon père… Elle ne put s’empêcher de lui donner quelques conseils sur les suites à donner, embraya sur sa propre journée qui s’annonçait dure, elle allait la consacrer en grande partie au Secours Catholique, trouvant dans l’aide aux autres, une façon de s’aider soi-même. Mathilda avait besoin de s’affairer pour ne pas trop penser, la suractivité lui faisait oublier le reste. Le reste qui l’entraînait parfois sur des pentes dangereuses. Elle avait une personnalité en proie au doute existentiel et se posait mille questions sur le pourquoi du comment de la condition humaine. Son métier d’infirmière lui avait permis d’aider les autres ; devant l’impuissance à vaincre la mort, elle en avait conçu un sentiment d’inutilité. Elle se demandait pourquoi Dieu là-haut passait son temps à envoyer des épreuves aux êtres humains. Elle savait qu’elle ne résoudrait jamais cette énigme et qu’elle resterait à vie avec ces interrogations, mais elle continuait malgré tout à croire à une superpuissance créatrice. Jacques Plank écouta tout cela d’une oreille distraite, il en avait déjà eu beaucoup à entendre dans ce domaine et puis, ce n’était plus en rapport avec son enquête, alors, vaincu, il se rendormit.
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