LXXXI Nous avons laissé le marquis Van-Hop dans le cabinet où maître Venture l’avait caché. Le condamné qui attend qu’on vienne le chercher pour le conduire à l’échafaud n’endure certainement pas une torture plus horrible que celle que subit le marquis, lorsqu’il se trouva seul, ses armes à la main. Il était venu là pour tuer... pour tuer la femme qu’il avait aimée depuis douze ans. Le marquis sentait une sueur glacée perler sur son front, à mesure qu’il voyait le temps s’écouler et approcher l’heure fatale où l’épouse coupable arriverait au rendez-vous. Un reste d’espoir cependant lui tenait au fond du cœur : peut-être ne viendrait-elle pas. Un moment il eut la tentation de mourir seul, et il appuya son pistolet sur son front. Mais il songea alors que, lui mort, elle l’épouserait, qu


