LXXXII Daï-Natha avait vu une seule et unique fois en sa vie la marquise Van-Hop. À son arrivée à Paris, poussée par une sorte de fiévreuse curiosité, elle avait voulu contempler celle qui était sa rivale heureuse, celle qui possédait l’amour du seul homme qu’elle eût aimé comme on sait aimer sous les tropiques. Elle était allée s’installer à l’Opéra, dans une baignoire grillée, un jour de première représentation, et elle avait pu voir la marquise entrer dans sa loge avec son mari. À partir de ce moment, les traits de madame Van-Hop étaient demeurés profondément gravés dans la mémoire de Daï-Natha. Qu’on juge donc de sa stupéfaction, de son effroi, de sa fureur même, à la vue de cette femme ! La révolution qui s’opéra en elle fut si violente, qu’elle eut le pouvoir de suspendre les hor


