XCI Primevère, la villa que le comte de Kergaz possédait entre Chatou et Croissy, était une charmante résidence, isolée au bord de l’eau, loin de toute autre habitation. Elle touchait à la rivière par son jardin en amphithéâtre, lequel avait une petite porte ouvrant sur la berge. Primevère, qui tirait son nom de la précocité des grands arbres qui l’entouraient, était une petite maison aussi petite que Socrate eût pu la souhaiter, et dans laquelle M. de Kergaz et sa femme devaient nécessairement réduire le nombre de leurs domestiques. Le comte avait acheté cette villa il y avait deux mois. Un pauvre diable, un poète, qui ne savait pas calculer le prix de la toise de maçonnerie, avait fait bâtir Primevère : il y avait dépensé son avoir, engagé son travail pour le présent et l’avenir, de te


