XCII En effet, et malgré l’heure avancée pour la campagne, madame la comtesse Jeanne de Kergaz n’était point couchée encore. Assise devant un métier à broder, elle travaillait... ou plutôt elle rêvait. Momentanément séparée de son cher Armand, la jeune femme, en rentrant chez elle et s’y retrouvant seule, s’était sentie toute triste. C’était la première fois, depuis quatre années que durait son bonheur, qu’elle allait se trouver seule pendant une longue soirée. Cependant Armand s’absentait pour un motif légitime, et la lettre affectueuse et charmante qu’il lui avait écrite n’était-elle pas de nature à faire prendre patience à sa femme ? Elle se répéta tout cela ; elle se dit même qu’il était onze heures passées, que sûrement Armand reviendrait au point du jour dans sa voiture ; que quelq


