XCIV Le lendemain matin, vers onze heures, le comte et la comtesse de Kergaz vinrent passer la journée à Paris. À peine Armand était-il installé dans son cabinet de travail, occupé à dépouiller sa correspondance, que son frère Andréa se présenta. – C’est toi ? dit le comte, le reconnaissant. Le vicomte Andréa avait une attitude solennelle, triste et pleine de dignité à la fois. – Pardonnez-moi, mon frère, de vous déranger, dit-il, mais il y a urgence. Une sorte de métamorphose s’était opérée en lui. Ce n’était plus l’homme courbé par le remords, aux yeux humblement baissés, à la tournure inquiète et servile, le grand coupable qui se reconnaissait indigne entre tous et plaçait un laquais bien au-dessus de lui. Sous l’impulsion d’un sentiment que le comte eût vainement cherché à pénétr


