(Tom)
Ma reine restait un jour de plus… mais lui était là, p****n. Et si je m***e… ça fait vraiment une différence ? Elle préfère jouer l’ex de Kyle pendant que moi, je joue le mec de son frangin… quel bordel, sérieux ! Je suppose que si elle fait ça, c’est parce qu’elle supporterait mieux sa mort que la mienne… J’ai sorti ma petite boîte de ma poche et l’ai fixée. Ouais, c’était sûr, je n’allais pas rester enfermé jusqu’au soir… Mon loup tournait en rond, agité, frustré, prêt à tout pour la retenir encore un peu.
Avec Élliott, on avait rajouté une trappe qui donnait sous les pilotis de la maison, en prévision d’une issue de secours, vous voyez… Du coup, je suis passé par là et j’ai nagé jusqu’à la rive en face, puis j’ai attendu de sécher un peu, les regardant chahuter dans l’eau. Ils étaient magnifiques à voir. Je ne voulais pas que ma reine reparte. Tout ça me dépassait complètement. La savoir là-bas avec lui me rendait littéralement fou… Mon loup grondait, indomptable, obsédé par sa présence, par l’odeur de Léo trop proche, trop confiante. Mais si j’avais répondu à ses appels… parlé… Peut-être qu’elle n’aurait pas fait ce choix… J’ai respiré profondément et pris mon courage à deux mains pour traverser le chemin menant à eux. J’aurais besoin de toute la volonté du monde pour me retenir de le buter, là, maintenant… Mon loup était déjà tendu à l’extrême, chaque pas un effort pour ne pas répondre à l’appel de la rage.
Arrivé au niveau du parking, Élliott m’a couru dessus et embrassé. J’ai failli le taper mais je l’ai juste repoussé.
« Tu fous quoi là ? »
« T’es mon mec, bébé, oublie pas… »
« On ne peut pas rompre ? Genre j’te largue là maintenant et on n’en parle plus ? »
« Et comment tu justifies dormir chez nous ce soir ? »
« Tu fais chier, m***e ! »
« Ça va être marrant, bébé… Allez… Mon cœur… embrasse ton homme ! »
« J’t’emmerde… »
« Moi aussi je t’aime… Joue le jeu mec, ou on est tous foutus… »
J’ai fini par lui prendre la main en soupirant… Ça allait être marrant, hein ? Pour qui… Mon loup observait Léo de loin, ses crocs mentaux déjà plantés dans sa silhouette.
Arrivé à table, j’ai pas pu m’empêcher de dévisager Léo méchamment. Mon loup ne supportait pas sa proximité, ses regards en coin, son calme apparent.
« C’est ton mec ? »
« Ouais… Ne lui en veux pas… vous avez un léger passif… »
« Léger ? »
J’ai pesté en retirant ma main et m’asseyant à côté de Sav… l’autre étant occupé par Léo, Élliott a boudé, se mettant en face.
« Je ne me souviens pas… On s’est déjà rencontrés ? »
J’ai ri jaune. Même s’il ne se souvenait pas, je n’étais pas transparent ici…
« Tu l’as poignardé à Delta… »
Sav a sifflé entre ses dents.
« Oh… oh, désolé, vraiment… Je me souviens, t’es le mec qui était tout le temps collé à elle… Ça n’a pas changé, je vois… »
« On va avoir un problème ? »
« Aucun… »
« T’as plus de caractère que dans mes souvenirs… »
« Et que veux-tu… je les aime rebelles… »
Ce c*n s’est mis à me faire du pied sous la table. J’ai souri, amer. L’autre ne s’est plus arrêté de rire. Mon loup avait déjà marqué le territoire. Il se foutait de la comédie : il savait, lui, à qui elle appartenait.
« Je suppose que ta sœur n’y est pas étrangère… »
« Ha… ma déesse, c’est la femme de ma vie… que veux-tu… »
« Compliqué de trouver équivalent, j’te l’accorde… »
« Vous avez tous le même tatouage, j’ai remarqué… »
« Ouep… Un genre de clin d’œil à la famille… »
« Plutôt cool… »
« T’en as pas, toi ? »
« Non… non, aucun… Peut-être un jour… »
« Ceux de tes gosses ? »
« Pourquoi pas… »
Sav s’est raidie, moi aussi. Mon loup s’est immédiatement tendu, captant le frisson dans son dos. Mais p****n, Élliott, même quand il m***e, c’est l’as de l’embrouille. Il s’est mis à rire…
« Compte pas sur ma sœur pour ça… »
« Je n’ai jamais… »
« Tu ne lui as pas dit, ma puce ? p****n, à ta place je ne me serais pas gêné ! »
« Dit quoi ? »
« Ma frangine, pauvre c*n… à cause de toi, elle pourra jamais avoir d’enfant ! p****n ce mec est mon héros ! »
J’ai vu de la gratitude dans le regard de Sav alors qu’il lui faisait un clin d’œil. Léo l’a fixée, tristement, puis a baissé les yeux…
« Je… je ne savais pas… »
« Et ouais, mec ! En plus de flinguer sa vie… t’as brisé notre plus grand rêve à tous les deux… »
« Vous en êtes sûrs ? »
« Ouais, du c*n ! J’l’ai emmenée voir un médecin dès que j’ai appris la douloureuse… si j’t’avais eu entre les mains ce jour-là, tu respirais plus aujourd’hui… »
« Ça j’te crois… »
« C’est vrai… c’qu’il vient de dire, c’est la vérité ? »
« Oui… oui, c’est vrai. »
«Tes yeux, trésor…
Bordel, ma reine larmoyait. Je suis littéralement fou d’eux, j’vous jure ! Mon loup haletait contre sa cage, incapable de la réconforter. Léo a baissé les yeux et serré les dents… Qu’est-ce que ça pouvait lui foutre qu’elle puisse ou non en avoir ? Il comptait l’engrosser, vraiment ? C’est ma femme, ma p****n de promesse, il pouvait toujours se torcher !
« Je vois… Je suis vraiment désolé, Savannah… »
Il a secoué la tête plusieurs fois en se regardant les mains.
« Mec, tu pleures ? »
Il a mi-soupiré, mi-ri, et s’est barré dans mon ancienne piaule… J’ai ri, amer, pour moi-même. Si seulement il savait, ce c*n !
Élliott nous a matés en sourcillant.
« Bien joué, bébé… »
« Avec plaisir, ma douce… »
« Bordel, mes amours, j’vous aime comme un fou… »
Elle m’a regardé avec amour et a mis son assiette au milieu. On ne l’a plus revue de la journée, ni de la soirée. J’ai partagé une dernière nuit de passion avec ma reine, et à mon réveil, tout espoir s’était de nouveau envolé…