Chapitre 8

1145 Mots
(SAVANNAH) Et c’est comme ça qu’on a fini par partir en mission avec Sucker, pour le compte de Léo… Mais je n’étais pas folle. J’avais bien choisi nos cibles. Deux précisément. Parce qu’après recherche, leurs portefeuilles en valaient vraiment la peine. Black-Bird avait besoin d’une rentrée d’argent, maintenant que j’avais donné à tous leurs parachutes… Elliott et les autres n’ont pas rechigné. Tom, lui, était plus que mécontent. Ça lui pesait vraiment que je sois là. Et ça ne m’enchantait pas non plus. Mais sans nous vanter… ça a été un pur succès, les deux fois. Les chiens de Léo m’ont encore plus respectée, et ma famille aussi. Parce qu’ils avaient beau être doués à l’arme blanche et en infiltration, ils n’en menaient pas large face à nous. Notre imprévisibilité était notre atout. Ma louve jubilait à chaque mouvement fluide, à chaque rire étouffé échangé avec mes frères. Elle adorait cette tension, ce ballet précis de violence contenue. Quand ils nous ont vus rire au début, ils n’étaient pas sereins. Mais j’ai fini par en surprendre quelques-uns rire également. Et à notre arrivée, ils ont tous incliné la tête devant mes frères. J’étais fière, bordel. Ces gros bâtards qui avaient massacré les miens n’étaient, en fait, rien devant nous. Ma louve s’est dressée, droite, altière, comme si elle réclamait sa couronne. Ça m’a confortée dans mon idée. À mon retour, sur mon lit, était déposé un joli paquet noir fermé d’un fin ruban rouge en satin, avec un mot : « Celui-là va même dans la piscine. » Vous avez compris ce qu’il y avait dedans ? J’ai ri. Il ne manquait pas de culot. C’était plutôt attentionné, en vrai. J’ai voulu aller le remercier. En passant devant la porte de la salle de bain, je l’ai vu se branler sous la douche. J’ai tourné les talons. Ma louve a grogné, intriguée, amusée, un brin frustrée elle aussi. Ça fait combien de temps ? Deux mois, je crois. Il retiendrait sa frustration encore combien de temps… J’ai commencé à aller voir Elliott tous les week-ends. Je me sentais libre et sereine. Je pouvais rejoindre mon amour en douce, profiter de mon frère et de ma famille, même si mes chiens étaient là. La première fois, je les ai mis au pas. ( ELLIOTT) Ma frangine a commencé à me faire parvenir un livre pour les muets. Au début, j’étais dubitatif. Tom le feuilletait, il a souri. Dans la couverture, un petit mot : « Tout n’est pas noir ou blanc, une simple étincelle suffit pour que les deux disparaissent. » On a longtemps réfléchi, j’avoue ! Je suppose qu’elle ne pouvait pas nous envoyer un tuto plus explicite… On a fini par se pencher sur son marque-page. Enfin, une b***e de papier épais blanc… On a éteint la lumière. Rien. Bin ouais, pourquoi faire simple, hein ? Puis Tom a eu la brillante idée de passer un briquet sous le papier. « Bordel ma Reine… » « C’est un p****n de génie… » Mon loup s’est agité à la moindre trace de son odeur sur les pages, comme s’il pouvait la retrouver, comme si elle était là, juste derrière nous. Un texte est ressorti : « Félicitations mes amours. Jus de citron ou un stylo transparent. J’ai hâte de voir si vous avez pigé. Je vous aime, plus que tout. » On a répondu en dessous : « T’es notre p****n de déesse ma puce, tu nous manques. J’ai envie de recouvrir ton corps de baisers, je veux te voir, amour. » Et elle a renvoyé : « Bien joué. Mais ne répondez pas sur le même et brûlez-le. Je vous ferai parvenir des infos comme ça. Faites-en autant… » Après celui-là, on a reçu encore deux bouquins. Assez intéressants, en fait. Elle nous envoyait de la lecture en prime ! Ça nous occupait : des romances, des livres d’espions… Je pense qu’elle nous faisait passer des messages dedans également. Tom s’est mis à surligner des passages cochons, moi des petites répliques lui étant destinées. C’était aussi cool que triste, en vrai. On en était réduits à ça. Mon loup détestait ce silence, cette absence. Il tournait en rond comme un fauve en cage à chaque fois que son odeur disparaissait. Puis, un après-midi, ma déesse nous a fait l’immense surprise de venir nous voir. J’avais hâte d’entendre son histoire avec le vibro de vive voix ! Bordel, je n’ai pas été déçu ! Mais mon pote, lui, a ri jaune… Elle n’est pas venue seule, par contre. Ses « chiens », comme elle dit, l’accompagnaient. À peine arrivée qu’elle les matait : « Yo Dan, tu branles quoi là ? » Le plus grand l’a regardée. « Ils t’ont donné un p****n de carton d’invitation ? Tu te crois où, là ? Qui t’a demandé de fouiller ? T’es chez moi ici ! » « Pardon Savannah… » Il a baissé les yeux et elle s’est mise à signer avec les autres. Mon loup a grogné de fierté. Il reconnaissait cette posture, celle d’une Alpha. Bordel, c’est de là que ça vient alors ! Ils se sont tous parlé silencieusement puis sont rentrés dans la même baraque, toujours celle de Tom… Ma frangine, elle est extraordinaire ! On a passé une après-midi de folie, puis elle nous a tous réunis : « J’ai un service à vous demander, les gars… vous n’êtes pas obligés d’accepter. » Faire une mission pour Léo. C’était ça. Je n’ai pas été surpris. Il m’en avait déjà évoqué l’idée. Mais bordel, elle, elle nous mettait la cerise sur le gâteau : se servir sur les comptes des mecs et leur en mettre plein la vue au passage pour asseoir sa réputation. Comme si y avait besoin… Tu parles que j’ai dit oui ! Tom n’était pas chaud, mais il n’a jamais su dire non à sa femme. On y est allés quelques jours après. Ils nous ont pris pour des fous. Mais quand ils ont vu Tom et Sav parler en heure, ils ont changé de regard. Et en rentrant chez eux, ils ont tous baissé la tête devant nous. Mon loup a levé fièrement le museau. L’ordre était rétabli. J’ai grave jubilé, j’avoue. Mais j’avais aussi les boules. Ces enfoirés qui nous avaient volé la moitié de nos frères et tant foutu les foies, n’étaient rien en fin de compte. J’avais encore plus envie de récupérer ma frangine. Mais un truc travaillait mon pote. J’le sentais… « Mec, ils n’ont pas joué franc jeu… j’les sens pas… entre Delta et là, y a un truc qui cloche… » C’est vrai qu’il y avait une différence. Ma frangine a commencé à venir nous voir tous les week-ends après ça. C’était pas l’idéal, mais mieux que rien. Et eux trouvaient un semblant d’équilibre. Ça restait très cool quand même !
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