Aïsha
Je me sentais pas mal à l'aise avec eux, cette famille a l'air assez sympa malgré tout. C'est dommage que j'ai perdu une partie de ma mémoire, je ne sais même pas si entre nous (ses enfants et moi) avions de bonne relation, pour ça je pense pas que ce soit le cas, les filles sont dans leur coin en train de papoter ensemble et pour Lakhdar bah c'est la même chose que pour des sœurs, il est dans son coin.
Mon frère est avec moi de toute façon, ça doit être pour ça que je suis à l'aise aussi, je suis toujours bien quand il est très de moi.
D'ailleurs, ce dernier me lance un petit regard et me sourit, je lui souris de même avant de baisser mes yeux sur mon assiette, on pourrait croire que je suis gênée à l'instant mais ce n'est pas le cas.
Fatima : Aïsha tu est toujours amoureuse de ton frère ?
Je tourne ma tête vers Fatima et l’interroge du regard, je me souviens de ça par contre. Avant je disais que j’étais amoureuse de mes grands frères tellement que je les aimais, c’était la façon de montrer mon amour pour eux et ça leur dérangeaient pas du tout au contraire, ils entraient dans mon jeu et disaient aussi que j’étais leur amoureuse, ça faisait bien rire papa et maman.
– Oui, mais c’est normal, c’est mon frère.
Elle rit pendant que je me sers un verre d’eau, je le dirais toujours que je suis amoureuse de lui bien que ce soit pas le cas, je l’aime et quitte à dire que je suis amoureuse de lui pour que les gens comprennent à quel point je l’aime, je préfère ça que de devoir détailler mes sentiments.
Mohamed : Après tout ils sont collés depuis qu’ils sont petits, sa réponse ne t’étonne pas j’espère ?
Fatima : Nan mais je savais pas qu’elle allait le dire comme ça.
Le garçon de Fatima donc Lakhdar me fixe, il a le visage neutre et j’arrive pas du tout à lire dans son regard, je détourne ma tête pour regarder mon frère qui me regardait aussi, lui, il a un petit sourire mignon sur son visage.
– Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
Adnan : Rien, rien, j’ai pas le droit de regarder mon amoureuse maintenant ?
Maman rigole pendant que je lui fais une grimace, je regarde papa qui lui me fait un signe de la tête.
Adnan : Et quand je disais ça à papa, il me croyait pas.
Papa : Ça faisait longtemps qu’elle l’avait pas assumé comme ça.
Je roule des yeux en me levant, ma fatigue commence à monter ce qui fait que je vais me retirer de table, je fais un petit signe à maman qui comprend que je vais aller me coucher.
Je prends mon assiette et celle de mon frère au passage vu qu’il avait aussi finir et je mets tout dans la cuisine. Je remonte les manches de mon haut et fais la vaisselle, quitte à aider papa et maman, autant le faire maintenant, je vais rien faire par rapport à eux ce qui me rend quand même mal.
Après mon nettoyage dans la cuisine, je pars dire au revoir aux amis de papa et maman, je vais pas les revoir, autant leur dire au revoir convenablement.
Je monte immédiatement dans la salle de bain et m’enferme à l’intérieur, je me rince le visage puis la bouche avant que je brosse mes dents. Lorsque tout est finit, je vais dans ma chambre en baillant, je suis vraiment fatiguée là.
Je m’allonge immédiatement sur mon lit et rabat la couverture sur mon corps, c’est pas possible d’être autant fatiguée comme ça, mais ça c’est à cause de mon accident, je suis de plus en plus fatiguée rapidement et ça peut être dérangeant surtout pour les cours, après j’ai remarqué que ça ne m’arrive jamais pendant les cours et que c’est surtout qu’à la maison que je suis autant que fatiguée.
Peut-être que je devrais aller voir un médecin, enfin ça ça serait dès qu’on arriverait à Monaco, je trouve que ça ne sert à rien de voir un médecin maintenant parce que nous allons partir dans peu de temps, autant voir ça dès qu’on est là-bas.
Je mets ma main devant ma bouche et baille encore une fois avant de fermer les yeux, je suis bien plus épuisée que je le pense, il faut mieux que je dorme maintenant histoire de prendre des forces pour demain.
Deux mois plus tard, 14h37.
Monaco.
Quand mon armoire est totalement finit, je lâche un souffle de soulagement, on est enfin chez nous. J’aime l’Espagne de tout mon cœur mais on vit là-bas depuis que je suis née et c’est de moins en moins amusant.
Je vais au salon et m’assois à côté de papa qui jouait avec sa bague, je le vois souvent faire ça et vu qu’il a un petit sourire aux lèvres, je me demande pour il fait ça, ça m’intrigue fortement mais je n’ai jamais eu le courage de lui demander pour il faisait ça mais surtout pourquoi il avait ce petit sourire qui montrait qu’il était heureux.
– Dis papa ?
Papa : *en me regardant* Ouais bébé ?
– Je te vois toujours jouer avec ta bague et t’as toujours un petit sourire, j’ai jamais vraiment voulu te demander par peur que tu me réponds pas mais pourquoi tu fais ça ?
Papa : T’aurais pu me poser la question *il lâche un rire en m’observant sa bague* ça me rappelle tous les bons moments que j’ai passé avec ta mère, je parle pas des moments après votre naissance à toi et tes frères, mais bien avant de ça, et si je souris toujours c’est parce que je me rappelle aussi à quel point j’ai fait le bon choix d’arrêter de faire du haram pour passer le cape avec elle.
Comme c’est beau, il l’aime toujours malgré les années et je trouve ça vraiment beau et honorable, encore une fois j’aimerais tellement trouver quelqu’un qui m’aime exactement comme papa aime maman, évidemment que ce n’est pas possible parce que les personnes ne sont pas pareil mais pouvoir dormir tranquillement sur ses deux oreilles en se disant que la personne qui est à côté de soi est la bonne personne doit être incroyable.
C’est pour ça que j’ai envie de vivre une relation comme ça, une relation saine et sans problème.
– C’est trop beau en vrai, t’aime maman même après tant d’années.
Papa : C’est parce que j’ai compris que c’était la personne qui est faite pour moi et que je n’avais pas besoin d’autres personnes pour être heureux, évidemment toi tu es là et les garçons aussi mais ta mère avant tout.
– Est-ce que tu crois que ça pourrait m’arriver ? Tu crois que je pourrais trouver quelqu’un exactement comme toi ?
Papa : Pas possible, chaque humain est différent par contre tu peux trouver une personne qui t’aime exactement comme j’aime ta mère, mais je crois que même l’amour qu’il va te montrer serait différent.
– Moi j’ai l’impression que c’est impossible, quand tu vois les garçons d’aujourd’hui tu vois que ce ne sont pas des personnes qui vont rester toute leur vie avec une femme et même si c’est le cas, il y aurait forcément de la tromperie même si elle est minime.
Papa : Ne met pas tous les hommes dans le même bateau, ils pourront dire pareil des femmes alors que ce n’est pas le cas, tu peux trouver quelqu’un qui t’aimes et qui te respecte toute ta vie, il ne faut juste pas te tromper sur la personne avec qui tu vas être pour toujours.
Je hoche la tête on ne savons pas quoi rajouter, en tout cas il a raison, je ne peux pas mettre tous les hommes dans le même bateau ça ne se fait pas, il y a forcément des hommes qui savent ce que c’est la valeur de la femme, et inversement d’ailleurs.
Il faut juste toquer à la bonne porte et y entrée sans douter.
– Je t’avoue par contre que j’ai un peu peur de mon avenir, non en fait j’ai peur de finir avec une personne mauvaise de l’intérieur.
Papa : Ne pense pas trop au truc comme ça, en général quand les gens pensent trop une chose mauvaise c’est possible qu’elle se réalise, donc c’est possible que tu as vénère avec cette mauvaise personne, essaye de ne pas trop y penser.
– Toi tu as jamais eu peur de tomber sur une mauvaise personne ?
Papa : Non, je te rappelle que je suis amoureux de ta mère depuis qu’on est gosse, et elle a toujours été une bonne personne, pour le coup j’ai eu de la chance, j’ai fini avec la femme que je voulais et ça depuis que je suis gamin.
Pour le coup c’est pas possible pour moi, mais j’avoue que j’aurais aimé que la personne qui est en face de moi m’aime depuis que je suis petite.
Elle aurait suivi mon évolution et j’aurais suivi la sienne aussi, Ça aurait été vraiment quelque chose de finir avec la personne qu’on connaît depuis qu’on est petit.
– Dommage, c’est pas possible pour moi maintenant.
Il ne dit rien mais me sourit simplement, qu’est-ce que je l’aime mon papa, il est tellement simple ce qui fait que je l’aime encore plus, il ne se prend jamais la tête et il ne prend pas la tête des autres non plus, ce n’est pas dans sa nature et je crois que ça n’a jamais été dans sa nature, je crois que je vais demander à maman comment il était quelques années avant, histoire de connaître un peu mon père du passé.
Maman : Tu veux pas aller dormir un peu ?
Elle se met à côté de papa en me regardant, je secoue la tête de droite à gauche avant de me lever du canapé.
– Je crois que je vais aller réviser mes cours, ça va faire bizarre d’être dans une université qui est pas espagnol.
Maman : Tu peux même aller faire un tour pour voir comment est l’université, comme ça tu seras déjà les lieux.
– T’as raison, je vais faire ça.
Je monte dans ma chambre et me change rapidement, je vais dans la salle de bain et regarde ma tête puis je mets mon voile.
Maintenant que je suis totalement préparé, je dis à maman et papa que je vais venir dans pas longtemps puis je pars rapidement de la maison, je vais pas les déranger plus longtemps, peut-être qu’ils vont se poser à deux et discuter ensemble.
Je regarde le chemin sur mon téléphone je prends la route, c’est la première fois que je prends la route toute seule dans un autre pays, on est pas en Espagne ici, et ça se voit vraiment.
J’entre dans le bus et m’assois tout devant là où il y a personne pour me déranger. L’avantage de parler une langue différente du français c’est que si on me parle de cette langue là, j’ai juste à parler en espagnol et en espérant que la personne en face de moi ne comprend pas ce que je dis, l’espagnol est très parlé aussi, mais il y a aussi beaucoup de personnes qui ne comprennent pas.
Après être sorti du bus, je vais prendre le train, c’est la première fois que je prends le train toute seule mais je trouve que ce n’est pas trop compliqué, après Monaco est assez grand mais je crois avoir compris que mon université est à Nice, c’est pour ça que pour les transports ça va être un peu dur, j’ai un peu plus d’une heure à faire quand même.
Enfin sortie du train, je regarde autour de moi en sourire, heureusement que je me suis pas perdu j’aurais appelé papa pour qu’il vienne me chercher, c’est dans ces moments-là que je me dis que je dois avoir une voiture, ça va être beaucoup plus facile qu’avec les transports.
J’arrive devant mon université et j’ai pas pu m’empêcher de sourire, j’ai atteint mon objectif aujourd’hui, maintenant je peux rentrer j’espère que je ne vais pas me tromper pour les cours, de toute façon je pense que je vais garder mon téléphone avec le chemin marqué dessus, pendant quelques semaines histoire que je ne me trompe jamais,
Après que j’ai fait quelques petits tours à côté de la fac, j’ai mangé au McDo avant que je suis partie prendre les transports encore une fois.
Lorsque que je sens un regard instant sur moi dans le bus, j’observe la personne avant de froncer les sourcils, c’est Lakhdar.
Aïsha.