Lakhdar
Adnan : Tu peux pas rester comme ça à la regarder vivre sans faire quelque chose, si tu veux pas lui dire que c’est toi, tu peux au moins te rapprocher d’elle doucement.
– Tu sais très bien qu’elle a peur des hommes, j’ai pas envie qu’elle a peur de moi si elle voit que je commence à insister avec elle, pour l’instant on va rester comme ça, ça me casse les couilles en vérité mais j’ai pas le choix, elle sait pas qui je suis.
Adnan : Et elle ne serai jamais si ça continue comme ça, vous étiez bien avant, c’est vrai qu’elle t’as oubliée et je capte que ça te fait chier, mais vous allez jamais avancer comme ça, c’est ça aussi qu’il faut pas que tu zappes.
Je lâche un souffle, il a raison, mais qu’est-ce que je peux faire ? Elle ne se rappelle plus de moi et je peux pas venir lui dire quelles relations nous avions avant, c’est sure qu’elle ne me croirais pas et c’est normal, j’ai fait comme si j’étais un inconnu pour elle quand on est venu manger chez eux en Espagne, elle serait complètement perdue.
Toute cette histoire me casse les couilles, je sais pas vraiment quoi faire dans cette situation mais la seule chose que j’ai envie de faire c’est d’avancer, petit problème c’est que j’ai envie d’avancer avec elle, j’ai pas envie d’avancer solo.
C’est pourtant moi qui ai voulu cette situation, c’est moi qui ai voulu qu’elle ne sache pas qui je suis pour elle parce que je voulais qu’elle se rappelle de moi avec sa mémoire. Maintenant, cette histoire me fait plus mal à la tête qu’autre chose.
– J’sais pas quoi faire sah.
Adnan : Moi non plus.
Je ferme les yeux avant que je souffle une nouvelle fois.
– J’vais me rapprocher d’elle, doucement mais sûrement.
Adnan : Carré, je voulais que tu dises ça.
Je me lève et lui serre la main avant de descendre, je vais au salon et trouve la mère d’Adnan seule, je m’assois à côté d’elle ce qui l’a fait me regarder.
Heureusement que nos deux familles sont toujours aussi proche, ça m’aurait cassé les couilles ça, l’avantage d’avoir cette famille à mes côtés sait que je peux compter sur eux comme si je comptais sur ma propre famille, ce sont des bonnes personnes, mes parents ont eu de la chance de les avoir dans leur vie, je dis ça en connaissance de cause.
Aya : Qu’est-ce qu’il y a ? Elle te manque c’est ça ?
– Ouais, elle me manque, mais c’est comme ça aussi, je vais devoir être patient et je vais pas envie de la brusquer.
Aya : C’est bien ça, je suis contente que tu es autant patient. C’est pas facile pour toi, mais tu le fais pour elle avant tout, quand elle va tout savoir je crois qu’elle va être un minimum contente, c’est aussi compliqué pour elle tu le sais ?
– Ça doit être chaud ouais. Elle se rappelle de plus rien, c’est dur les trucs comme ça.
Aya : Après tu dois pas oublier qu’ on lui a dit une bonne partie de sa vie , on lui a juste pas dit quelques éléments comme tu le voulais.
– Est-ce que tu crois que ça l’aurait fait entre nous ? Après son accident je veux dire.
Aya : Honnêtement je sais pas du tout, je pense qu’il faut vivre cette situation pour pouvoir dire quelque chose comme ça, Elle a tout perdu donc elle aurait eu du mal à croire ça surtout qu’elle est très jeune et que ça fait déjà deux ans.
C’est pour ça que je ne voulais pas qu’elle sache la vérité maintenant, j’avais peur qu’elle ne me croit pas ou qu’elle me prenne pour un fou, j’ai bien fait je trouve, en tout cas je ne regrette pas du tout d’avoir pris cette décision et même si elle me manque, je préfère qu’elle prend tout son temps pour se rappeler de chaque moment qu’on a passés ensemble.
– Merci Tata, pour moi j’ai pris une bonne décision dans tous les cas, je la regrette pas.
Aya : Et c’est très bien ça, si tu avais commencé à regretter ce que tu as décidé à l’hôpital, je crois que ça aurait été encore plus compliqué là maintenant. Tu penses à elle avant toi, c’est très bien mais je sais aussi que ça peut être très dur pour toi.
Cette fois-ci je ne j’ai rien, tant que je suis patient je crois que ça peut le faire, maintenant qu’elle est ici à Monaco je vais pouvoir être un peu plus proche d’elle, ça fait déjà plusieurs mois qu’elle a eu son accident et j’ai forcé mes parents à venir en Espagne pour que je la vois au moins une fois et c’était au moment du dîner et aussi dans le train.
C’est compliqué tout ça pour moi, mais je crois que la chose la plus compliqué c’est de ne pas pouvoir être près d’elle, déjà que je sens qu’elle a un tout petit peu peur de moi j’ai l’impression que le temps qu’elle va prendre pour me faire confiance va être une éternité.
Il faut déjà que je gagne sa confiance, ça aussi ça va pas être facile, elle se rappelle de ce moment-là, c’est pour ça qu’elle a pas envie de s’approcher de la jante masculine et je peux le comprendre après ce qu’elle a vécu.
Quoi qu’il en soit il ne faut pas que je me prends la tête, tu dois me dire que je vais réussir et qu’elle va réussir à retrouver sa mémoire, que ce soit par rapport à notre relation ou autre, elle peut très bien s’en souvenir, elle va juste devoir un peu forcé.
Je vais pas lui coller le c*l et faire en sorte qu’elle se rappelle de moi, sinon ça servirait à rien ou alors j’aurais juste à lui dire directement, je veux faire les choses bien, c’est pour ça que je veux prendre mon temps pour qu’elle s’en rappelle le lendemain mais au moins de tous les détails.
Je remercie encore une fois Aya et je me lève du canapé, je lui dis au revoir puis je sors de leur maison, je vais rejoins de mes potes là où ils étaient tout à l’heure et nous allons chez Cédric pour aller se poser là-bas, j’ai besoin de me vider la tête, mes gars sont là pour ça.
Idriss : On va pas rester ici toute la journée à parler quand même, on ressemble à des meufs là.
Cédric : Arrête de pleurer à chaque fois, tu veux être une meuf c’est ça ?
Idriss : Si jamais voulu être une meuf, je crois que tu aurais été le seul mec que je n’aurais jamais b****r, t’es beaucoup trop moche pour moi et en plus de ça tu n’as pas assez de muscles pour me porter, et ça même si je faisais 1,50 m.
Je roule des yeux en ne disant rien, c’est tous les jours comme ça entre les deux, ils sont toujours là en train de se chamailler mais c’est comme ça que leur amitié est défini, personnellement j’aime bien la relation, elle est pas si mal que ça finalement.
Cédric : De toute façon t’es qu’une m***e de m***e, c’est pour ça que je t’ai jamais aimé.
Idriss : C’est pas plutôt parce que je viens de te terminer ? *il se tait quelques secondes* Nan même si ça avait été pour ça tu m’as jamais aimé de toute façon, mais t’inquiète pas c’est réciproque.
Jefferson : Vous en avez pas marre de nous casser les couilles ? On dirait que vous êtes en couple wesh.
Idriss : Bah on est en couple, si t’as un problème avec ça tu viens devant moi et tu me dis ce que tu as à dire.
Cette fois-ci je rigole en secouant de la tête, parfois j’en ai marre d’eux mais ça me fait détendre, ils enlèvent mes pensées sombres que je déteste, je les remercie jamais d’ailleurs, je n’ai pas l’habitude de faire ça et je sais très bien qu’ils vont pas accepter ma reconnaissance en vers eux,.
Depuis que je suis petit je les connais, on est resté ce groupe de cinq avec Adnan malgré qu’il habitait en Espagne, c’est dommage d’ailleurs, si nos parents n’étaient pas tes potes je crois qu’on l’aurait jamais connu. On se connaît depuis qu’on est petit aussi, avant sa famille faisait des aller retour entre Monaco et l’Espagne, c’était pas plus mal parce que non seulement je pouvais le voir, mais je pouvais la voir aussi.
Artoy : Parfois je me demande si ils en ont pas marre, ils se fatiguent jamais c’est ça le pire.
– Comment tu veux qu’ils se fatiguent ? Ils sont comme ça depuis très longtemps mais ça va pas changer croyez-moi.
Cédric : Le problème c’est qu’il m’aime tellement qu’il peut pas me lâcher ce fou, c’est pas de ma faute si je suis une star mais il commence à me casser la tête aussi.
Idriss : Tu veux des fleurs aussi ?
Cédric : Yes, des roses de préférence ma vie.
On est comme des frères finalement, je n’ai pas de frère mais je crois que si j’en avais eu, j’aurais aimé avoir la même relation que j’ai avec ces gars, c’est incroyable comment on peut s’attacher à des personnes qui de base, nous n’avons pas le même sang.
Jefferson : On fait une partie de FIFA ? J’ai une revanche à prendre, j’ai pas oublier comment je me suis fait démarrer.
Artoy : T’aimes bien te prendre des 5-0 toi.
Jefferson : Je suis devenu trop claqué mais c’est pas de ma faute aussi, j’ai pas de console c’est chez moi donc je peux pas jouer.
Idriss : Ça c’est une vieille excuse, t’assumes pas que t’es un boloss c’est ça ?
Jefferson : C’est clairement ça, mais quand je vais être fort, vous allez ramper à mes pieds vous allez rien comprendre à votre vie.
Cédric : Vas y toi, déjà si t’arrives à cadrer un tir, je te donnerai cinq euros comme récompense.
Jefferson : Tu crois que je suis ton gosse ou quoi ?
Cédric : Un peu, t’es nul et c’est pas de notre faute.
Je prends mon téléphone et vais dans l’application photo, je regarde les photos qui m’ont le plus marqué avec un petit sourire, ces moments-là, c’était le meilleur de ma vie et je dis pas ça parce que je les ai passé avec elle, je dis ça parce que c’est à ses moments-là que j’étais totalement moi-même, totalement détendu mais aussi totalement heureux.
Artoy : Si elle te manque autant, pourquoi tu lui dis pas la vérité tout court ?
Jefferson : C’est logique, c’est compliqué pour lui et c’est possible qu’elle croit même pas, je te rappelle que c’est qu’un bébé de 20 ans.
Artoy : Quand même il aurait très bien pu lui dire la vérité, là maintenant regarde comment il est, il a envie de lui sauter dessus.
Idriss : En même temps, je crois que tu aurais été pareil si t’avais perdu ta femme et qu’elle se serait plus souvenu de toi et votre relation.
Cédric : Les trucs comme ça c’est trop compliqué, moi je sais pas comment j’aurais réagi, mais comment on te voit Lakhdar, Ça se voit que t’es fort, mais que t’es en train de craquer de plus en plus.
– Je suis pas en train de craquer, pas encore, ça a même pas commencé.
Ouais… Ça n’a pas encore commencé, je peux pas craquer maintenant, pour moi c’est impossible ça c’est beaucoup trop tôt surtout qu’elle vient d’arriver à Monaco.
Artoy : Je lui aurais dit la vérité direct, qu’elle m’aurait cru ou pas j’en ai rien a foutre, mais attendre qu’elle se souvient de moi c’est trop long.
Idriss : Il a fait le choix, tant qu’il le regrette pas c’est bon wesh, c’est son choix laisse le.
Cédric : Pour une fois je suis d’accord avec cette m***e, il a fait son choix et pour lui c’est le bon.
C’est ce que je me suis disais aussi mais c’est mort, je peux pas lui dire et je peux encore moins craquer maintenant, ce n’est que le début vu qu’elle vient d’arriver ici.
Le début d’un long moment ou je vais devoir mettre tout mon mental dans les mois à venir pour non seulement être crédible dans mes approches avec elle mais aussi dans la façon où je vais lui dire les choses.
Ça va pas être facile, je vais devoir me retenir de ne pas faire ce que j’avais à faire avant sauf que je peux le faire, pour elle mais surtout pour nous.
Lakhdar.