IV

407 Mots

IV Les fanfares sonnaient encore dans l’écho ; sur les pas de l’armée ayant franchi les dernières enceintes, un nuage de poussière s’empourprait des rouges clartés de l’Orient. C’était dans la campagne un grand piétinement de chevaux hennissants, une clameur impatiente d’hommes ardents au combat, un cliquetis d’armures luisantes au soleil. Le prince conquérant, monté sur une bête superbe et blanche comme la neige, semblait voler devant le front de ses troupes ou en aiguillonner les ailes, tant il se multipliait pour leur communiquer son héroïque fièvre. C’était un spectacle admirable, en vérité, et on sentait là passer dans l’air, comme un prélude glorieux, le souffle des prochaines victoires. Durant ce temps, la belle Micouli pleurait sur son beau lit de soye brodée, échevelée sur la co

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