I Quand le gendarme Philidor sortit de la caserne pour aller gagner son poste à la prison, puis au Prétoire, il avait l’air joyeux d’un homme à qui tout a réussi dans la vie. Et cela était vrai à fort peu près. Sous-officier tout jeune, de belle prestance naturelle, il portait la médaille militaire, et aucun de ses collègues de la maréchaussée n’était plus que lui estimé de ses chefs. Doué d’une agréable voix de ténor, possédant juste la somme de bêtise qui permet la vanité sans exposer au ridicule, très martial dans l’uniforme, il avait dû, à tant d’avantages natifs et à un certain manque d’éducation qui l’autorisait à l’impertinence, de grands succès auprès des femmes. Peu de couturières en chambre lui avaient résisté et il n’avait compté aucun échec parmi les modistes. Puis la sagesse


