I Ce n’était assurément pas un homme ordinaire, le cousin Matifas. – Pourquoi cousin ? – Parce qu’il avait une telle parenté à Avignon qu’il n’était personne dans la ville qui ne fût un peu, à un degré plus ou moins éloigné, son allié par le sang. Ce phénomène était dû à l’humeur singulièrement prolifique d’un de ses aïeux, Mathieu-Barnabé Matifas, lequel avait empoisonné de sa graine tout le pays. Car cet ancêtre était certainement de la nature des lapins, voire des cochons d’Inde, bêtes qui pullulent avec délices et font du devoir s****l l’unique travail de leur courte vie ; en quoi je ne les trouve pas si bêtes que ça. Car on peut descendre sans regrets dans la tombe, celle-ci se présentât-elle sous forme de gibelotte, quand on a si bien occupé son temps et fait acte si constamment de


