IV Une admirable nuit d’août, semée d’étoiles ; les fraîcheurs lointaines de la Garonne montant parmi les brises tièdes ; une langueur immense et comme balancée dans l’air par l’aile innombrable et invisible des parfums. Comment la comtesse Éliane était-elle venue avec moi dans ce coin isolé du parc, très loin déjà du château dont les éclats de rire ne venaient plus jusqu’à nous ? Mon Dieu, tout simplement en marchant devant soi dans le sable qui craquait musicalement sous ses bottines, en causant de ceci ou de cela, de tout, parbleu, hormis de ce que j’avais dans l’âme et ce qui en avait chassé tout le reste. Imaginez toutes les séductions des choses, toutes les persuasions amoureuses de la nature : le chant d’une source soulevant les cailloux de son bouillonnement ; le frôlement des jon


