III Je vous ai dit qu’on était en août, à la fin d’août même. Il avait plu le matin, et Blanche n’avait pu sortir. Puis la journée avait été lourde et comme écrasante, le soleil ayant bu, avec une avidité d’ivrogne, les larmes vite taries de l’averse. Rendue maussade par ce temps extrême dans ses rigueurs, Mme de Mérens avait à peine dîné ; un peu de dessert seulement et un verre de vin d’Espagne. Jamais elle ne s’était sentie aussi seule et jamais, par conséquent, l’arrivée du comte, vers huit heures, ne lui avait fait autant de plaisir. Elle éprouva, toutefois, une certaine joie méchante à le taquiner, à lui dire des choses presque blessantes. Il les prit d’abord en riant, puis les subit, muet, avec une certaine mélancolie. – Sortons un instant ! lui dit-elle tout à coup, on étouffe ic


