II

423 Mots

II Il y avait précisément sept mois que M. de Mérens était parti, et sa femme était demeurée fidèlement dans le programme qu’elle-même avait tracé. Sans jamais avoir quitté le manoir où le curé du village voisin venait dire la messe, le dimanche, sinon pour aller rendre quelquefois visite à la sœur du comte Adalbert, elle y comptait les journées qui la séparaient encore du jour du retour. L’arrivée du facteur, que précédait sur le chemin poudreux un tire-bouchon de poussière se roulant sur le sol, était le seul évènement qui la touchât. Il lui apportait quelque lettre bien pleine de tendresse et ne repartait qu’avec une réponse longtemps attendue dans l’office, patiemment aussi, grâce à une bouteille de vin blanc. Dans chaque enveloppe elle mettait quelque fleur cueillie le matin même et

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