I

326 Mots

I Une lande profonde avec des genêts au premier plan, des genêts dont l’or s’est teinté de gris pâle sous les mortelles caresses de l’ombre ; une lande descendant vers la mer posée à l’horizon comme un glaive étendu sur un long coussin. Une solitude désespérée emplit ce paysage morne ; au loin seulement, la silhouette d’un berger se dressant dans le moutonnement obscur des bêtes, d’un berger dont l’œil ne suit aucune étoile. Vous connaissez comme moi la mélancolie de ces champs de bruyères, loin des bois dont le murmure vivant est comme une chanson de la terre, loin des maisons dont l’œil jaune s’allume comme celui des chats dans les ténèbres. Mais au-dessus de cette désolation infinie, dans un ciel uniforme où courent à peine quelques vapeurs argentées, la lune, la pleine lune, comme un

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