III Ah ! les cloches de Meylan tintaient ferme pour la noce. C’était dans l’air un grand vol de notes claires assourdissant les oiseaux et rythmant une valse aux nues légères qui tourbillonnaient dans le ciel. Musique sur terre et vapeurs au ciel. Qui ne croirait après cela aux fâcheux présages ? La Lhauda s’avançait, doucement majestueuse dans le frôlement caressant de sa robe blanche, et Bignolet, tout de velours neuf vêtu, avait l’air important d’un petit âne qui attend sa charge de reliques, quand, en passant sous le porche, un méchant chien débouchant entre les jambes de la future lui causa une telle peur qu’elle ne put retenir un cri. Seulement, ce cri ne sortit pas de sa bouche. Son émotion avait pris un autre chemin, également sonore, mais où les notes de baryton se trouvent plus


