Episode 04

1467 Mots
Mon beignet me glisse des mains alors que ces simples mots suffisent à faire battre d'espoir mon pauvre petit cœur. Je fixe mon interlocuteur en me disant que j'ai peut être mal entendu, mais il n'hésite pas à se répéter. - Si tu veux, je peux t'aider - Comment ... - Je pourrais te faire sortir d'ici, et t'emmener où tu voudras. Si je parle avec Carlos, il m'écoutera, j'en suis sûr - Mais... - Mais ce serait te mentir de dire que je ne veux rien en retour Bien sûr, c'était trop beau pour être vrai. Rien n'est gratuit sur cette terre. - Qu'est-ce que tu veux ? Il se retourne vers moi et me sourit tendrement en prenant ma main dans la sienne. Je m'attends au pire, mais surement pas à ça. - Épouse-moi Mon cerveau bug un instant alors que ses mots raisonnent dans ma tête comme un écho. J'essaie de me convaincre qu'il s'agit d'une blague et retire ma main de la sienne en ricanant de manière assez gênée. - C'est une blague j'espère... - Non. Pourquoi penses-tu que je te regardais ainsi hier à l'usine ? Quand je t'ai vu, j'ai été...éblouit. Je crois que j'ai ressenti ce qu'on appelle le coup de foudre - Je... je suis désolé... mais je suis déjà amoureuse d'une personne - Et tu penses qu'il pourra te faire sortir d'ici aussi vite que moi ? Il me lance un regard glacial qui me givre la gorge, il passe du chaud au froid en un clin d'œil, c'est si troublant que j'ai du mal à répliquer. - Je... Il travaille dur et même s'il n'est pas souvent présent, je sais qu'il fait de son mieux pour nous - Il fait de son mieux ? Moi je ferais l'impossible pour toi, tant que je peux te garder au plus près de moi. Il travaille dur alors il n'est pas présent ? Moi je travaillerais dur à être présent tous les jours, près de toi, pour toi On pourrait dire que ce sont juste des paroles en l'air, mais son regard froid et ambitieux me montre sa détermination et son ton me donne plus l'impression d'être menacée. Mais il n'a pas menti, tous les jours qui ont suivi, il était là. Il vient dans l'après-midi et disparait à la tombée de la nuit. Il ignore mes avertissements et interdictions, et revient à chaque fois avec de nouvelles merveilles gustatives. De plus, lorsqu'il commence à me raconter ses histoires, ses voyages, je me sens comme hypnotisée et le désir de vivre à mon tour ces aventures grandit un peu plus. Trois mois se sont ainsi écoulés et ont souligné sa persévérance, je commence à me demander si accepter sa proposition serait une si mauvaise idée. Ce soir, alors que la nuit se montre, il propose de me raccompagner chez moi et j'accepte. Nous faisons le chemin à petits pas et en profitons pour continuer nos interminables discussions. Quand soudain, j'aperçois au loin une silhouette qui ne m'est pas du tout inconnu. Il reste immobile dans un coin sombre et nous fixe, mais l'obscurité ne m'empêche pas de la reconnaitre. Je demande à Stephen de m'attendre quelques minutes et cours retrouver mon Apollon avec la joie dans le cœur. Mais c'est sans compter sur lui qui m'accueille avec la mine fermée et ne me laisse même pas le saluer. - Qu'est-ce que tu fais avec ce type ? - Lui ? Il travaille pour Carlos depuis peu et... - Il t'a dit qu'il travaillait pour Carlos ? Il est visiblement très en colère, je ne sais pas pourquoi, de la jalousie peut-être. En tout cas, j'essaye de rester calme et de le comprendre, mais il est possible que je finisse par craquer. Je n'aime pas ce ton... - Tu le connais ? - Tu ne devrais pas trainer avec des inconnus - Je t'ai posée une question. Est-ce que tu le connais ? - Tu dois t'éloigner de lui, c'est tout ce que tu as besoin de savoir Je le regarde droit dans les yeux et cherche la force de retenir ce qui est coincé dans ma gorge, mais je finis par craquer. - C'est ça le problème avec toi, tu ne réponds pas aux questions, tu ne veux rien m'expliquer et tu t'attends à ce que je te suive aveuglément - Tu ne me fais pas confiance ? - C'est toi qui ne me fais pas confiance ! Dit moi d'où tu le connais Il baisse le regard, tourne sur place, soupire, se gratte les cheveux, mais ne réponds pas, alors j'insiste avec d'autres questions. - En quoi consistent tes missions ? Où étais-tu tout ce temps ? Rien. J'ai un pincement au cœur en me rendant compte que réellement, il n'a pas confiance en moi. Finalement, à quoi je lui sers s'il ne peut pas me parler librement, je serais juste un objet sexuel pour lui ? J'ai une boule dans la gorge rien qu'en y pensant, j'ai envie de pleurer, de crier, de lui dire ses quatre cents vérités, mais je le connais, je sais que ça n'y changera rien. Heureusement, Stephen vient mettre un terme à ce silence pesant. Il pose sa main sur mon dos fixe Alex avec un faux sourire et un regard glacial, presque provocateur. - Est-ce qu'il y a un problème ? Alex lui revoit un regard dégouté, mais ne réponds pas. Les deux semble essayer de s'intimider du regard, alors je me mets entre eux et pousse Stephen en arrière en lui disant que tout va bien. Je lance un dernier regard de déception à Alex, qui n'essaye même pas de me retenir, puis je m'en vais, accrochée au bras de Stephen. Nous nous remettons alors en route vers ma demeure et je suis bien trop bouleversée par ce qui vient de se passer pour faire la conversation ou même pour remarquer que l'on est arrivé. C'est lui qui me ramène sur terre en posant sa main sur la mienne. - Hey, ça va ? - Oui... Oui, ne t'inquiète pas On est devant la porte de chez moi et, honnêtement, je sais que si je reste seule, je vais déprimer, et s'il revient s'excuser, je ne pourrais pas refuser, comme d'habitude. Mais j'ai besoin qu'il comprenne que je n'en peux plus de ses cachoteries, alors je prends mon courage à deux mains. - Est-ce que tu veux entrer ? On n'est pas autorisés à garder de la nourriture, mais j'ai de l'eau potable... Il me scrute un moment, comme pour m'analyser, puis il acquiesce en souriant. Nous entrons donc et je le laisse faire le tour de la petite pièce pendant que je vais nous chercher deux verres d'eau. Il s'attarde sur les plantes et reste à les caresser en prenant quelques gorgées d'eau. Pour ma part, je n'ai plus très soif alors je cherche à verser mon eau dans l'arrosoir. Mais, d'un geste maladroit, je finis par renverser l'eau sur mon pantalon et laisser l'arrosoir tomber au sol, formant une flaque d'eau au sol. Surpris, il pose son verre et vient m'aider à nettoyer, mais il remarque vite que mes mains tremblent. Il les prend et les caresses avec ses pouces, comme pour me calmer. - Pourquoi tu trembles autant ? C'est le type de tout à l'heure qui te met dans cet état ? Il me fait me relever et se rapproche de moi en plongeant ses yeux dans les miens en souriant. - Ou alors c'est le fait que je sois chez toi qui te troubles ? On se met à ricaner mais, comme si mon cœur explosait, les larmes m'échappent et les gloussements suivent, je me mets à pleurer à chaudes larmes sous son regard attentif. Je baisse la tête et la pose sur son épaule où mes larmes se font plus abondantes. Mon cœur se serre dans ma poitrine, je me sens meurtris, trahis, manipulée, blessée, mais surtout vulnérable. J'ai supporté le comportement d'Alex pendant si longtemps, mais je devais me douter que je ne pourrais pas le faire éternellement. Je me laisse aller dans les bras réconfortant de Stephen, sans plus pouvoir faire semblant. - Je veux juste quitter cet endroit maudit et tout oublier... Il pose sa main sur ma nuque et me fait relever la tête pour le regarder dans les yeux. La douceur sur son visage me fait me calmer alors qu'il caresse mes joues pour essuyer mes larmes. - Dans ce cas, devient ma femme et partons loin Sans plus de discours, il rapproche lentement son visage du mien, fait glisser le bout de son nez sur ma joue, dispersant ainsi des frissons dans tout mon corps, et finit par délicatement déposer ses lèvres sur les miennes dans un souffle court.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER