III « Voulez-vous monter un instant ? » demanda Nathalie Haldin. J’hésitais devant l’heure tardive, mais elle insista : « Vous savez combien ma mère vous aime », me dit-elle. « Je vais entrer une minute, pour savoir comment va M me Haldin. » Elle dit à mi-voix, comme en se parlant à elle-même : « Voudra-t-elle croire seulement que je n’ai pas pu trouver M. Razumov, puisqu’elle s’est mise dans la tête que je lui cache quelque chose ? Peut-être pourrez-vous la convaincre… ? » « Votre mère va se méfier de moi aussi », observai-je. « De vous ?… pourquoi ?… Que pourriez-vous avoir à lui cacher ? Vous n’êtes ni Russe, ni conspirateur… » J’avais trop vivement conscience de mon indignité d’Européen pour faire une objection, mais je résolus de jouer jusqu’au bout mon rôle de spectateur impui


