En chemin, Arcan et ses compagnons croisèrent des cambrioleurs qui prirent tout ce qu'ils avaient en mains. Il avait perdu sa guitare et ce papier sur lequel j'avais écrit mon adresse et mes cordonnées. Et moi j'attendais impatiemment un signe de lui, j'attendais un appel ou un message de lui. Beaucoup des jours passèrent, il n'y avait aucune lueur de sa part. Je commençais à perdre espoir. J'avais très envie de le revoir tout comme lui. Il se demandait comment allait-il faire pour me joindre au cas où je ne ferai pas le premier pas pour le chercher ? tous les deux, on s'attendait. Je ne savais rien de ce qui lui était arrivé. J'avais hâte qu'on se rencontre tellement la flamme me consumait sans arrêt. mais la vie avait trouvé encore une raison de nous éloigner un moment. J'étais solitaire, croiser cet homme s'avérait pour moi une félicité. Depuis toujours j'attendais rencontrer quelqu'un qui puisse faire vibrer mon cœur. J'avais besoin de quelqu'un avec qui compter les astres radieux la nuit, quelqu'un qui est là de l'aurore au crépuscule, du crépuscule à minuit. Quelqu'un qui a soif de mes nouvelles, de m'entendre et me voir. Après avoir rencontré Arcan, j'avais cette certitude sur mes épaules.
J'étais affamée d'amour, je l'attendais comme on attends un plat préféré dans un restaurant. J'avais les mêmes allures qu'une personne qui s'impatiente sous manœuvres des cuisiniers. J'attendais cette vie qui cuisinait à pas de tortue sous mes envies qui marchaient à pas de géant. J'avais toujours le cœur maigre, médiocre, sans amour. Bien des fois j'ai perçu des signes qui me donnaient espoir pour des belles aventures, mais elles passaient souvent à mes côtés. Lorsque ceux qui connaissaient ma solitude me disaient : il y a quelqu'un qui s'intéresse à toi. C'était la plus belle phrase que je puisse entendre. Je sautais de joie, je passais mes nuits à rêver d'une belle histoire jusqu'à ce que je ne voie plus personne. J'avais horreur des cauchemars, ils rôdaient toujours autour de moi, j'en avais plein la vie. C'était comme si l'existence se moquait de moi, comme si elle me feinter tout le temps. Cela déclanchait en moi une tornade de nervosité. J'étais en colère contre le monde, contre ma famille. Lorsque mon petit frère s'approchait de moi pour me câliner, je le repoussait férocement et il me disait que j'étais la grande sœur la plus méchante. J'étais hors de moi, de mon cœur et de tout le reste. Les faux espoirs m'avaient rongée, brutalisée, usée. Ils avaient amputé ma raison. La seule chose qui me taraudait, c'était d'entendre que quelqu'un sera là pour moi sans le voir par la suite. J'en avais ras-le-bol d'attendre l'amour sans le rencontrer, le sentir sans le toucher. C'était la plus grande bizarrerie. l'invivable me brisait les os sans vergogne. Je déteste attendre longtemps jusqu'à l'usure du temps. J'ai toujours eu foi aux bonnes nouvelles même si je finis par me rendre compte que c'était juste pour endormir mon désespoir. Ça me révoltait, me rebellait, ça me rendait sauvage. Ce qui me tranchait la gorge, c'était l'énergie de la foi que je mettais dans tous ces vents. Combien de temps vais-je continuer à mourir de faim ? Quand est-ce qu'un cœur sera vraiment cuit pour moi ? M'étais-je demandé. j'avais la frayeur de perdre de vue une personne sur qui je comptais pour mon future. Mais cette fois-ci, ce n'était pas de l'utopie, juste un bateau qui tangue temporellement.
Cependant, Arcan pensait tout le temps à moi, il était rentré plusieurs fois aux bords du fleuve espérant me recroiser mais sans succès. D'un ton larmoyant, il disait : si seulement j'avais écrit tout d'elle dans ma mémoire, allaient-ils cambrioler ma mémoire ? Je ne sais même plus quel horizon prendre pour arriver à elle. Même le vent ignore d'où elle était. Elle connaissait tout de ce fleuve qui ne peut rien dire sur elle. Il était autant désespéré que moi.
J'avais changé d'attitude, et ça ma mère l'avait soupçonné. elle a frappé à la porte de ma chambre pour me dire que le dîner était prêt, et je lui ai répondu que j'allais manger plus tard. C'était étrange pour elle qu'après le repas, elle revint encore frapper à ma porte :
- Tok tok...!!! chérie, es-tu là ?
- Oui maman, entre.
- ma fille chérie, tu ne manges presque plus comme avant. Tu passes une grande partie de ton temps accrochée à ton lit couverte sous le drap comme si tu avais froid alors que le soleil brille dehors. Tu ne me parle plus, tu t'isoles sans cesse. Dis-moi Lilas que t'arrive-t-il, tu n'es plus comme avant, tout a changé dans tes habitudes. Sache que je suis là pour toi, tu peux me faire confiance.
- Ne t'inquiètes pas maman, ça va.
- Non ça ne pas, n'hésite pas, tu peux tout me dire tu sais ?
- En fait, à l'université, un groupe des filles me mènent la vie dure, elles sont toutes contre moi, elles se moquent de moi sans arrêt. J'ai horreur de ma promotion maman, elle me hante.
- Chérie, ne te focalise pas sur elles, tu es plus brillante qu'elles, voilà pourquoi elles manifestent leur jalousie par des moqueries pour t'empoisonner la vie. Sois fière de toi, ne te laisse pas faire par leurs railleries. Concentre-toi sur ce que tu es. tu vaux mieux qu'elles d'accord ?
- Bien maman
- Maintenant viens prendre ton repas, il va refroidir.
- D'accord, j'arrive.
J'avais menti à ma mère ce soir là. J'en étais pas fière, mais ce n'était pas encore pour moi le moment de lui parler de mes séquelles d'amour. Pourtant lorsque ma jeune soeur a frappé à ma chambre, Je lui ai tout raconté. Et elle m'a dit :
- Allez ! ne reste pas là à te poser mille questions, va vite le chercher.
Un jour après, je me suis décidée d'appeler Arcan, mais son portable était éteint, j'ai réessayé plusieurs fois, toujours injoignable. Il ne me restait qu'à tenter son adresse.