Madel rougit. Elle dit très bas : – Oui, j’ai quelque chose... Je suis heureuse, et puis j’ai peur. – Peur de quoi, ma chérie ? D’un mouvement enfantin et charmant, Madel cacha son visage empourpré contre la poitrine de Mme Marsy. – J’ai peur de ma joie. Le bras de Mme Marsy l’enserra plus fortement, tandis qu’elle ajoutait d’une voix encore assourdie : – Je ne sais pas vous expliquer cela. Des lèvres chaudes, qui tremblaient un peu, se posèrent sur son front. – Ne m’expliquez pas, je comprends. Il y eut un long silence. Mme Marsy tenait son visage baissé vers la tête charmante, toujours appuyée contre elle, et elle songeait avec un peu d’angoisse : « Dois-je lui ouvrir les yeux, pour lui montrer la désillusion, peut-être le danger qui la guettent ? Mais ce serait préciser en elle


