Madel ne négligeait pas ces conseils. Elle s’occupait des œuvres de la paroisse, allait voir des pauvres et des malades en compagnie de Mélanie, qui se montrait dévouée pour elle à sa manière rude. Ses journées étaient bien remplies par la prière, le travail, les bonnes œuvres. Quand le soir arrivait, elle s’asseyait dans le salon ou dans la chambre de grand-mère et pensait aux aïeules, au cher passé avec une douceur mélancolique, avec une joie grave. En se voyant si seule, en se demandant ce que serait pour elle l’avenir, elle avait parfois des moments de tristesse un peu effrayée. Mais elle ne s’attardait pas sur cette impression. Très vite, l’énergie, la foi vive, si puissante en elle, redressaient son jeune courage fléchissant. Mme Breuil lui avait écrit deux fois, lettres banales et


