VIII La délivranceLe lendemain, les enfants ne parlèrent dans la journée que du naufrage et des sauvages, du courage de M. de Rosbourg, de sa bonté pour Paul. « Paul, lui dit Marguerite, tu es et tu resteras toujours mon frère, n’est-ce pas ? Je t’aime tant, depuis tout ce que tu as raconté ! Tu aimes papa comme s’il était ton papa tout de bon, et papa t’aime tant aussi ! On voit cela quand il te parle, quand il te regarde. » PAULOui, Marguerite, tu seras toujours ma petite sœur chérie, puisque nous avons le même père. MARGUERITEDis-moi, Paul, est-ce que ton père, qui est mort, ne t’aimait pas ? PAULJe ne devrais pas te le dire, Marguerite, puisque mon père m’a défendu d’en parler ; mais je te regarde comme ma sœur et mon amie, et je veux que tu saches tous mes secrets. Non, mon père,


