Le silence de la cuisine ne fut pas rompu par le martèlement sec et régulier de talons aiguilles sur le marbre froid. C’était un bruit de conquête, un claquement autoritaire qui annonçait l’arrivée de Jasmine bien avant que son ombre ne caresse les murs. Elle entra dans l'espace ouvert de la cuisine, sa silhouette de soie fendant l’air chaud comme une lame. Derrière elle, Leyla suivait d'un pas qui n'avait plus rien de sa superbe habituelle. Elle ne souriait pas. Ses traits étaient tirés, ses mains posées à plat sur le plan de travail central, les doigts crispés sur la pierre froide comme pour s'empêcher de sombrer. Elle semblait soudain égarée dans sa propre demeure, observant Jasmine prendre possession des lieux avec une passivité effrayante. Jasmine s’arrêta juste en face de moi. Elle


