8 h 50Étendue sur la couverture brune, Sylvie compte les rayures du papier. Elle pousse jusqu’à sept, et elle s’arrête épuisée, recommence, une, deux, trois… Elle a gardé sa robe rose et ses sandales à boucles. Depuis qu’elle est prisonnière, elle ne s’est jamais déshabillée, et pourtant elle a la chemise bleu lavande pliée dans la valise. Elle se dit, mon col Claudine doit être dans un joli état ! Mais ça n’a pas d’importance. La seconde nuit a été terrible. Seule dans le noir où elle a si peur, à écouter les souris et la goutte d’eau et la pluie qui fait sa petite musique sournoise… Vraiment seule, pour la première fois : Tarzan n’est plus là, ne sera plus jamais là. Tôt ce matin, la méchante femme est montée avec un bol de lait dans lequel elle avait trempé des biscottes. Elle a regar


