XVIIICette grande bâtisse neuve où la pluie nous avait fait entrer par hasard, était le tribunal de guerre. – On jugeait une empoisonneuse, amenée des cercles du Sud, de la zone militaire. En haut, une galerie supérieure, disposée en tribune, dominait la salle. Nous y montâmes et nous vîmes l’accusée sur son banc. Elle était voilée entièrement, – affaissée, effondrée, – une masse informe de burnous et de draperies blanches. Les juges étaient de vieux officiers de l’armée d’Afrique, aux figures jaunies, éteintes par les fatigues et la vie de garnison. On lut l’acte d’accusation, qui était à faire frémir. Elle avait empoisonné l’un après l’autre, ses trois maris, et, en dernier lieu, la chienne d’un grand Agha. Et nous regardions, Mohammed et moi, cette forme blanche, chargée de crimes,


