XIXLe lendemain, dès le matin, je m’acheminai vers ce quartier d’Alger où est la prison. C’était encore le calme délicieux des premières heures du jour ; très bas dans le ciel, le Baal resplendissait comme un grand feu d’argent. La notion plus exacte des situations et des choses m’était revenue avec le jour, comme il arrive d’ordinaire. J’espérais seulement qu’en allant là de très bonne heure, avant le lever des gens de justice, j’obtiendrais peut-être, par un procédé vieux comme le monde, la permission de la voir. Je sonnai à la porte de prison, et, en affectant un ton très dégagé et très bref, je m’adressai au gardien. C’était impossible, naturellement, je l’avais prévu : il aurait fallu des démarches longues, que personne n’aurait comprises, et pour lesquelles d’ailleurs le temps ma


