XV21 juin 1880. Un des recoins de la terre où je me suis toujours trouvé bien, c’est ici, sur un certain banc vert où jadis, dans le bon temps heureux, je venais faire mes devoirs à l’ombre et apprendre mes leçons, – les jambes en l’air toujours, dans des poses nullement classiques, élève peu studieux, rêvant de voyages et d’aventures. À présent que j’ai tout vu, au lieu de rêves, ce sont des souvenirs. – Cela se ressemble et cela se mêle. – Et, quand je me retrouve sur ce banc, je ne sais plus trop distinguer les uns des autres. Parmi ces souvenirs que le hasard ramène, il y en a de tristes et d’adorés qui passent à leur tour, et qui tout à coup me font me redresser et tordre mes mains d’angoisse. Ils s’en vont comme les autres, mon Dieu, et le temps peu à peu rend ces retours moins dé


