XVI… Encore un an après. (Deux ans depuis le b****r d’adieu de Suleïma.) Nous courions ventre à terre, Si-Mohammed et moi, sur la route de Sidi-Ferruch à Alger. C’était en mai. Le ciel bas, sombre, menaçait d’un déluge, et nous avions lancé nos chevaux, qui s’étaient emballés. Nous approchions d’Alger, et tout le long du chemin il y avait la foule habituelle du dimanche, qui rentrait aussi par peur de la pluie : des matelots et des zouaves, fraternisant dans tous les cabarets ; des boutiquiers de la rue Bâb-Azoun, endimanchés et en goguette. Nous balayions cette route, et on se rangeait. La terre et la verdure, mouillées par les pluies de la veille, étaient fraîches et avaient bonne odeur. Il fallut ralentir, à cause de ce monde. Nos bêtes faisaient mille sottises. Le cheval de Si-Moha


