Le droit à l'avortement.

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ÉPISODE 05 LE LUNDI SUIVANT ISHA FOLARIN Moi : Madame Kim ! Soyez les bienvenues. Je vous attendais Kim : Ça me réjouit de vous retrouver d'excellente humeur Mademoiselle Isha. On progresse. Laissez-moi sortir notre matériel et on va pouvoir commencer. Moi : Ok. Kim : 1, 2, 3, go. J'aimerais aujourd'hui qu'on parle du chantage émotionnel. Les garçons sont des champions en la matière. - Si tu m'aimes tu devrais faire ci - Si tu m'aimes tu devrais faire ça - Quand je b***e et que je ne jouis pas j'ai mal au bas ventre, c'est douloureux. Tu ne vas pas me laisser comme ça. Ce sont là plein de raison qui poussent des filles à faire des choses qu'elles n'ont en réalité pas envie de faire et c'est très grave. Ces phrases je les entendais fréquemment de la part de Aristide. Je faisais des choses malgré moi pour lui faire plaisir. Il fut un jour ou je n'avais vraiment pas envie du sexe, lui en avait envie. Je lui ai signifié cela, il m'avait supplié avec ces arguments bidon là. Il avait même promis un c**t interrompu pour ne pas jouir en moi. Nous n'utilisons pas de préservatifs, notre raison était qu'on était fidèle l'un a l'autre donc pas besoin de se protéger. Je ne sais pas qui met dans la tête des jeunes que les protections sont contre les maladies sexuellement transmissibles seulement. Nous l'avons fait ce jour-là contre mon gré, je me rappelle que c'était très douloureux pour moi. Je m'en suis sorti avec des lésions. Le mois qui a suivi, j’ai eu du retard de menstruations. Le test à confirmer mon état. J'étais enceinte. Me voici alors dans le regret, pour un acte sexuel que je ne voulais pas. Être mère à cette étape de ma vie n'était pas envisageable pour moi. J'étais jeune j'avais des rêves. Aristide et moi avions opté pour un avortement. Un ami a Aristide lui avait filé la recette du coca. On a très vite faire cela et ça avait marché. Nous avons très vite récidivé. A vrai dire nous faisons la recette dès que j'ai un retard de menstruations. Nous ne faisons plus de textes de grossesse par manque de moyen des fois ou carrément pour soulager la conscience. Rien ne prouvait que c'était des avortements. Une fois nous avons eu un rapport sexuel à risque. Cette fois-là nous avons nos bourses d'études qui étaient là, on avait donc décidé de faire les choses en grand. Nous avons pris une pilule de lendemain : Norlevo. Cette saloperie de pilule m'a fait voir de toutes les couleurs entre bouffer de chaleur et nausées je n'ai pas eu de répit après sa prise. Je ne sais pas si nous n'avons pas respecté la posologie mais ça n'a pas marché. Le test effectué a confirmé que j'étais enceinte. Nous avons essayé notre remède miracle, une fois, deux fois, trois fois sans succès. Là commence notre calvaire, nous avons essayé d'acheter clandestinement plein de comprimés abortifs, l’avortement étant illégal. Aucun ne marchait. Par les tuyaux, Aristide fit la connaissance d'un infirmier qui pratique l'avortement. Son prix c'était 30000f. Aristide n'avait plus rien sur son compte puisqu'il a utilisé sa bourse pour s'acheter un PC. J'étais donc obligé de financer mon avortement. Le médecin en question habite une cour commune d'un bidonville. On ne pouvait pas se rendre chez lui en couple au risque d'éveiller les soupçons. Il était donc venu me chercher et je devrais faire comme si j'étais sa copine dans la maison. Sa chambre est d'un bordel sans pareil, c’est un donjon. C'était à gerber. C'est là que sur un lit de fortune et sans anesthésie j'avais eu mon premier curetage. Dieu que c'est douloureux. Le pire c'était que je n'avais pas le droit de crier. Je ne sais combien de temps à durer mon supplice mais à la fin il m'a demandé si je comptais récupérer ce qu'il a sorti de mon utérus. J'ai répondu que oui, le type était assez louche et je croyais qu'il fasse des rituels avec ou vendre ça. Il m'a demandé de me rhabiller pour qu'il me ramène, ce que je fis malgré ma douleur. Je suis rentrée tant bien que mal. Aristide était inquiet, il était désolé que j’aie eu à subir cela. Il n'avait pas d'argent pour même m'acheter à manger ce jour-là. Je lui ai remis l'argent pour qu'il me prenne un antibiotique et des médocs pour la douleur. Les jours qui ont suivis, si je me suis rétabli, le vide n'était pas fait dans ma tête je culpabilisais a en faire des cauchemars. Je n'arrivais pas à en parler a Aristide parce-que je pensais que lui en parler le ferai ressentir les mêmes choses que moi. Je pense un instant à si l'avortement était légale dans notre pays. Vous voyez tous les risques que j'ai pris pour me faire avorter? On devrait permettre aux femmes de pouvoir avorter dans des cadres sains et au besoin un suivi psychologique. Peut-être que si l'avortement était légale le poids de la culpabilité s'allègerait sur la conscience de celle qui le pratique. Je vois déjà des dents se grincer par rapport à la vie qu'on tue. Ce que je trouve déjà discutable. Il y a aussi le fait de devenir parent sans y être préparé. On me parlera d'assumer les responsabilités de nos actes moi je dis que c'est une façon d'assumer sa responsabilité. Vous pensez que l'avortement est un crime ? Moi je crois que faire venir un enfant au monde sans l'accompagner est encore pire. Les parlementaires devraient songer à voter une loi pour cela. Il ne s'agit pas là d'encourager le phénomène, mais de le recadrer. Soyons sérieux et sincère. Aucune fille n'avorte par plaisir. Dans mon cas, c'était encore mieux. Vous imaginez toutes ces filles victimes d'inceste et qui sont obligées d'affronter la société en mettant au monde un enfant qui aura le même père qu'elle ? C'est horrible. Nous sommes tous des enfants de la nation et la nation a le devoir de nous protéger. Ce qui devrait être instauré, c'est de mettre immédiatement toute femme qui vient avorter sous contraception pour qu'elle ne récidive pas...
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